Les deux derniers jours au paradis

Mardi 29 mai

Il a été décidé hier que nous irions faire le tour de l’île à vélo.  Nous avions fait deux groupes, ceux qui étaient motivés pour faire du vélo à la journée, et les plus fainéants qui en loueraient pour une demi-journée (oui bien sûr j’étais dans celui là, faut pas pousser hein!). Le camping avait 4 vélos à disposition que le premier groupe avait réservé et il nous restait à trouver les notres, pour un départ le matin ou l’après-midi.

Finalement on apprend le lendemain matin, après avoir rendu visite à un hôtel qui normalement en proposait, que le seul endroit où on peut en trouver est dans le nord de l’île. On remercie, on s’apprête à partir sans trop savoir quoi faire, au moment où le type nous dit “par contre on a des voitures de disponibles!”. On se regarde, la décision est comme évidente. Bon ça enlève ce petit côté pittoresque d’une jolie balade à vélo… Moi qui commençait à avoir Yves Montand dans la tête. “Quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins, à bicycleeeeeeeteuh!”. Bon y’a pas de Firmin, Fernand, Francis ni Sébastien, et encore moins Paulette, mais nous sommes bien 5 nous aussi et pour le coup c’est vraiment rentable. C’est parti!

Cette option nous laissera finalement le temps de tout voir, absolument tout ce qu’on voulait visiter sur l’île des Pins. Pour commencer petit arrêt à la baie St-Maurice pour admirer les totems…et sortir les appareils photos pour une petite session photo de groupe qui nous amusera tous beaucoup.

Nous continuons notre route vers la grotte de la reine Hortense.

Hortense, fille de chef et reine de l’île des pins, refusa de céder ses terres aux colons et du se réfugier dans cette grotte qui se trouve dans une forêt au nord de l’île.

Je n’ai tout simplement plus assez de qualificatif pour exprimer ce que je ressens dans des lieux aussi troublants. Je me sens toujours aussi bouleversée et sans voix. Et je regrette que les photos n’expriment pas aussi bien ce qu’on peut y ressentir, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’en mettrais que très peu. Le contraste entre les roches et la nature qui l’entoure est vraiment saisissant. Je suis restée un long moment à contempler ces minuscules fougères dont le vert très vif et quelque peu irréel semblait vouloir réveiller le gris un peu terne de la roche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous continuons vers la “grotte de la 3ème”. Malheureusement je n’ai pas pris le temps de chercher une explication au nom de cette grotte…pour le moins angoissante! En effet nous n’avons pas assez de lumière pour descendre facilement dans celle-ci. Très différente de la première, beaucoup plus profonde et sombre. Nous ne pouvons qu’apercevoir des formes rocheuses impressionnantes, telles des spectres endormis dans l’ombre. Nous ne sommes pas découragés pour autant mais au contraire plutôt fascinés et impatients de descendre. L’atmosphère n’en est que plus mystique et magique. Évidemment nous descendrons à petit pas…très petit pas. Pour finalement découvrir une sorte de lac en contre-bas. Ce qui rendra heureux le plus dingue et le plus casse-cou de nous tous : Loïc. Qui part de ce pas se jeter à l’eau et explorer les stalactites dans le fond. Si j’adore ce genre de réactions un peu folles et spontanées, je n’en reste pas moins un peu inquiète et préfère rester sur le bord. Ce n’est pas tant l’eau froide ni les stalactites que le noir qui m’empêche de me lancer. Courageuse, mais pas téméraire! Tant pis, nous profitons quand même du spectacle. (ce que la dernière photo ne montre pas, ce sont les fameuses stalactites qui ne sont pas celles que l’on peut voir au fond, mais celles qui se cachent dans un couloir d’eau sur la droite, beaucoup plus en profondeur. Ce type est dingue vous croyez? Non, du tout! :)

La suite de la journée sera un peu moins…”cascadeuse”!

Visite des lieux historiques de l’île des Pins, le cimetière et le bagne. La partie ouest de l’île fut affectée à l’emprisonnement des insurgés de la Commune de Paris. (je vous épargne le descriptif de la période de la Commune de Paris, fort intéressante mais qui se trouve aisément sur internet) Les déportés furent répartis dans 5 communes, dont celle d’Ouro où se trouvent les vestiges du bagne. Sans soleil et en fin de journée, nous nous retrouvons très vite dans une ambiance “projet Blair Witch”…

Retour tranquille au camping où nous retrouvons nos sportifs avec qui nous échangerons nos impressions et anecdotes de la journée. Petite soirée calme autour de nouilles indonésiennes (évidemment, ne changeons pas une équipe qui gagne!), et dodo avant d’affronter les événements d’une dernière journée pour le moins…inattendue!

Mercredi 30 mai

Petite randonnée jusqu’au sommet du pic N’ga. Départ à 9h pour un petit 35 minutes de marche assez facile jusqu’en haut. La vue sur l’île et les différentes baies est superbe. L’occasion de se remémorer ces derniers jours et tout ce qu’on a eu la chance de voir…

Le temps de rentrer au camping, les derniers textos d’information du Betico sont arrivés sur les téléphones portables. Le bateau de ce soir à destination de Nouméa est annulé… Problème technique. Une belle course contre la montre se prépare. Entre ceux qui travaillent ou ont des entretiens d’embauche, c’est un vrai problème. Il faut se rendre à l’aéroport pour réserver des billets d’avion au plus vite. Le groupe se scinde en deux, 6 qui partent pour l’aéroport histoire d’amortir le prix du taxi, et trois autres qui restent au camping. Cet après-midi que nous devions passer tranquillement en bord de plage sera uniquement consacré aux coups de fil passés au service commercial d’Air Calédonie et du betico et à faire le pied de grue devant le comptoir (merci Loïc, notre responsable communication et maitre en zen-attitude!). Il faut savoir qu’ici on ne stresse pas… Autant c’est agréable quand tout va bien, autant ça peut devenir un peu agaçant quand on poireaute 4heures dans un minuscule aéroport sans avoir de réponse à quoi que ce soit. La première arrive finalement : pas d’avion avant samedi. Re-coups de fil, hurlements et menaces de gens dans la file (y’a rien à faire, ça me donne toujours autant envie de rire d’ailleurs!). Finalement devant l’urgence de la situation, tout se débloque en fin d’après-midi. Un avion est affrété spécialement pour rapatrier les passagers du Betico le lendemain matin. Le temps d’enregistrer notre groupe ainsi que ceux qui sont restés au camping, la journée est finie et tout le monde a ce petit gout de frustration dans la gorge. Mais une belle surprise nous attend. Là, au dos du billet, écrit en petit… Le fameux dédommagement! Nuit dans un hôtel agréé par la compagnie, et repas remboursé à hauteur de 2800 francs. On a tous notre matériel de camping… qui prendra un peu de repos pour l’occasion. Direction le premier hôtel trois étoiles où nous réserverons deux bungalows…absolument superbes!! Et bien sûr un repas sensationnel pour le soir. Pour l’occasion on met tous un peu au bout pour pouvoir se payer un festin, vin compris. L’impression au passage que l’île des Pins m’offre finalement ma soirée d’anniversaire…et une belle soirée de départ pour tout le monde! Victoire! :)

Un seul groupe vous manque et tout est dépeuplé…

Petite citation pleine de poésie de notre ami Aleks!

Et c’est bien avec ce sentiment que nous repartons tous chez nous. La tête remplie de beaux souvenirs, le cœur un peu vide de par ce sentiment d’absence. Cette belle complicité va très vite nous manquer à tous. La dernière fois que j’ai vécu un rassemblement comme celui là remonte à octobre 2009. Encore couchsurfing, mais à Québec. Invasion de Rimouski par le groupe cs de la ville de Québec. Très différent cela dit. Gros groupe et petite température dehors! Mais l’atmosphère était belle là encore. Un autre coup de chance, puisque j’avais pu embarquer en dernière minute dans la voiture de gens qui sont devenus par la suite d’excellents et merveilleux amis.

J’ai pu lire cette petite phrase toute simple plusieurs fois sur différents profils : “couchsurfing has changed my life” (pas besoin de traduire je pense…). C’est aussi mon cas. Je n’ai pas besoin de le dire, ni de l’écrire sur mon profil. Mais chaque rencontre que je fais me le rappelle.

Et ce n’est pas fini… Mais d’ailleurs, n’est-ce pas encore le début de l’histoire?

 

2 thoughts on “Les deux derniers jours au paradis

  1. La grotte de la 3e… commune!
    Au temps de déportés/relégués/transportés, la population exilée sur l’Ile des Pins (à l’Ouest, les Kuniés s’étant battu pour rester sur leur ile, dans la partie Est) avait diviser leur moitié de l’Ile en 5 communes, numérotées de 1 à 5. ; ) Plus glauque, la “6e commune” est ensuite entrée dans le vocabulaire à force des morts d’ennui et autres suicides dus à l’exil, et désignait… le cimetière.
    Bon, à part çà, super ton blog! Bon style, et l’insertion des photos dans les articles est top! By-bye!

    • Merci beaucoup monsieur casse-cou!!!! :)

      Bonne chance pour la suite du periple, j’ai vu que ca s’annoncait bien pour l’Australie, c’est super!!!!

      Gros bisous!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>