Lifou fou fou…

Vendredi 8 juin

Arrivée à 6h du matin au Betico. Les guichets ne sont pas encore ouverts mais il y a déjà une petite foule de kanaks qui attendent devant l’entrée. Le bateau part à 7h, j’ai le temps de récupérer mon ticket et boire un café.

J’ai mon ticket et je me dirige tranquillement vers le bateau alors que résonne la voix dans mon dos : “le trajet jusqu’à Maré est annulé, les passagers sont priés d’attendre dans cette file pour se faire rembourser leur billet.” La météo n’est pas favorable pour le trajet jusqu’à cette île-ci qui est sur notre route, que j’avais prévu de faire mais que j’ai préféré mettre de côté pour une question financière. A priori pas de souci, puisque je pars pour Lifou…

Embarquement à 6h30, je m’installe tranquillement, écouteurs sur les oreilles et café en main. 7h15, toujours rien, nous sommes encore amarrés à Nouméa. On finit par apprendre qu’une partie des passagers de Maré a décidé d’envahir le bateau en signe de protestation. Ça fait la 2ème fois cette semaine que le betico annule son départ pour Maré. Souci météo ou autre ils s’en moquent, ils veulent absolument arriver aujourd’hui et obtenir un vol pour cet après-midi. Les négociations commencent et nous on poireaute…Enfin, juste Amélie et moi puisque nous sommes les deux seules touristes et que tout le monde est solidaire avec les gens de Maré. Bon on comprend quand même un peu la situation mais on est embêtées. En attendant, on sympathise! Elle a deux ans de plus que moi, vit à Nouméa depuis deux ans et est journaliste. Une fille adorable, très dynamique et intéressante. Une rencontre qui fera passer la traversée presque trop vite!

A 11h, après finalement 4h de retard le bateau quitte le port. Mais tout le monde est content, les gens de Maré ont tous leur avion aujourd’hui, les gens de Lifou ont eu leur petit café pour patienter, tout va bien! En mer comme à terre, ici on ne s’énerve pas et surtout on ne stresse pas! Ça me rappellerait presque le Burkina Faso… “Y’a pas de problème!” :)

Arrivée à 15h20. Amélie et moi nous faisons embarquer en stop après 5 minutes de marche. Nous échangeons nos coordonnées avant que notre gentille conductrice me dépose pas loin de chez Manu et Olivier. C’est étrange et amusant à la fois de penser que mon amie Lucie, en tour du monde à l’époque, était chez eux il n’y a pas si longtemps. Le monde est petit, mais couchsurfing le rétrécit davantage…pour notre plus grand bonheur!

J’aime beaucoup arriver dans une maison vide de gens et faire un peu ma curieuse… Petit tour de bibliothèque et des dvds. J’ai déjà le sourire aux lèvres en constatant quelques points communs intéressants. Tout le monde arrive sur les coups de 16h et on part en direction de la plage. Tout le monde étant les deux enfants d’Olivier, que je rencontrerais un peu plus tard, et Manu. On discute du planning de ces prochains jours et de ce que j’ai envie de faire. Je n’ai pas très envie d’explorer en long et en large et en travers Lifou, mais plutôt de me laisser surprendre et d’aller à la rencontre des gens. J’ai seulement une exigence : la grotte de Quajo. Ce qui était un simple intérêt est presque devenue une addiction… Je les cherche, je me documente, je les compte. J’en ai fait 4 en Nouvelle Calédonie. Je n’ai pas pu toutes les faire ici mais j’espère en voir encore dans d’autres pays… Pour le moment Manu m’écoute, comprend “l’urgence” et attrape son téléphone pour tenter de joindre Justine, la guide de la grotte, pour savoir si elle a des visites prévues dans le week-end. Merveilleux ça marche, rendez-vous demain matin pour une visite à 9h! Je suis tout sourire. Le week-end s’annonce bien. Presque une heure de passée sur la plage, la nuit tombe et on a rendez vous pour une soirée crêpes chez des amis de Manu et Olivier. Une première jolie journée sur Lifou.

Samedi 9 juin

Je suis partie pour l’excursion avec Soané, le fils d’Olivier qui a 10 ans. Arrivée comme prévu à 9h, on retrouve Justine devant chez elle. Pimpante, dynamique et souriante, une guide parfaite! Il y a également Denis, un breton qui vit sur Lifou pour quelques mois.

Nous avons 40 minutes de marche facile en forêt avant d’arriver à l’entrée de la grotte. A quelques minutes de la grotte il y a une sorte “d’entrée” entre deux arbres avec des pierres et feuilles de chaque côté. On s’arrête ici pour faire la coutume. Justine nous explique qu’il faut demander la protection à l’esprit de la grotte, par une petite parole à voix basse ou une pensée dans laquelle nous nous présenterons après avoir posé deux pierres ou deux végétaux identiques, un de chaque côté de l’entrée. Nous avons bien sûr tous les trois respecté la coutume. J’ai trouvé le geste très cérémonieux, et j’ai beaucoup aimé la façon dont Justine nous a expliqué tout ça. Puis nous arrivons à l’entrée de la grotte.

En bref…

J’ai tellement aimé :

C’était la seconde fois que j’allais nager dans une grotte, la première étant dans les cenottes au Mexique. L’eau était noire, la grotte très sombre. Ici c’était très différent…J’ai très clairement préféré cette exploration-ci à Lifou.

Se retrouver dans ce “royaume de cire” était extraordinaire. C’était amusant de jouer à “que vois-tu dans les nuages?” … mais avec des roches! Symboles, personnages, animaux… Tout le monde y est allé à grand renfort d’imagination et l’ambiance était super!

J’ai adoré ce sentiment d’arriver en plein milieu d’une cérémonie dans laquelle tout se serait brusquement figé. Des champs de stalagmites ressemblant à de petits personnages…

Nager dans la grotte et se retrouver sous les stalactites. Expérience à vivre au moins une fois et que je recommanderais vivement à beaucoup de gens!

Cette envie de méditer…Chose que je ne connais absolument pas, mais l’atmosphère des grottes me donnent ce sentiment de sérénité qui fait que je pourrais rester des heures assises à me recueillir et à contempler.

J’arrête le récit ici, pour une fois les photos sont plutôt réussies et je vais les laisser parler d’elles-mêmes :

Le fil du souvenir

Le fil laissé par Nicolas Hulot lors de sa venue ici. Son reportage réalisé ici a beaucoup touché les gens de Lifou. Il est arrivé à accéder à des recoins de la grotte jamais atteint avant lui, notamment par l’exploration d’un trou d’eau situé dans l’une des dernières salles de la grotte. Mes photos de l’endroit ne rendent absolument rien malheureusement…

L’au-revoir de Camille

(la photo est prise depuis la surface, je n’avais pas mon masque donc impossible de voir quoi que ce soit. L’image est plutôt nette mais ne rend pas vraiment bien la taille très impressionnante de la bestiole!)

Voilà Camille l’anguille (oui je rends hommage aux Fatals Picards et à “la ferme”, et il fallait bien donner un nom à la demoiselle). Justine nous a dit qu’on la retrouve très souvent à la sortie, juste après la visite de la grotte. Elle nous a dit aussi que certaines personnes, dont elle, pensent qu’elle vient à ce moment là pour dire au-revoir aux visiteurs de passage. Jolie pensée… Merci Camille. Et Justine. Ce fut incroyablement beau…

Balade sur la plage l’après-midi. Emmanuelle me propose ensuite de voir une petite crique pas très loin, mais j’ai une très grosse envie de kava et de voir un des nakamal de Lifou. L’idée lui plait bien et nous partons pour un des nakamal les plus proches. L’ambiance est au départ quelque peu intimidante. Aucun métro, juste des Mélanésiens…et surtout, que des hommes! On fait le tour pour serrer la main de tous les hommes d’un premier groupe, avant d’aller s’asseoir sous un faré autour d’un feu avec quelques autres personnes. Tout le monde semble perdu dans ses pensées et je me sens au départ un peu mal à l’aise. Puis 5minutes plus tard les langues se délient, on nous invite à lever des sels (déformation du mot “shell”, soit coquillage en anglais, dans lequel on buvait avant le kava). Un peu de musique et des sourires… Soirée mémorable une fois de plus.

Dimanche 10 juin

Nous avons rendez-vous chez Jeanne Forest à midi et demi. Une valeur sure ici! Une valeur sure pour quoi? Mais pour le bougna bien évidemment! Alors qu’est ce que le bougna :

C’est un plat traditionnel des Mélanésiens de Nouvelle Calédonie. Les ingrédients (tarot, patate douce, ignames…) sont enveloppés dans des feuilles de bananier et cuits à l’étouffée (bougna traditionnel qui se mange plutôt en tribu), ou parfois dans une cocotte (gite ou restaurant). On trouve du bougna au poulet, poisson et parfois roussette (chauve souris). Il est plutôt difficile pour un touriste d’avoir la chance de gouter un bougna traditionnel. C’est un plat qui demande du temps et une certaine préparation, et se mange plutôt pour des fêtes ou mariage. J’ai eu la possibilité à plusieurs occasions d’en manger dans un restaurant mais je préférais attendre la possibilité d’en manger avec d’autres personnes, de la façon la plus authentique possible. Bon ce n’était pas une fête et ça a bien sûr était préparé en cocotte, mais Jeanne l’a rendu vraiment authentique. De par son gout merveilleux, ses sourires et son service très agréable. Un bougna poulet fondant à souhait…une merveille! Puis le repas se termine par un corossol, gros fruit dont le gout, à l’inverse de la texture, m’a bien plu.

L’occasion de passer en chemin chez Ludo, un ami d’Emmanuelle qui fait du miel. Petite visite des ruches, explication et dégustation des produits. Très sympa. L’occasion de gouter du jus de miel. Une grande première! Si la vie vous mène un jour jusqu’à Lifou alors arrêtez vous chez Ludo, vous serez conquis!

Puis promenade sur la plage de Luengoni, magnifique malgré le temps un peu couvert et le froid. Oui ici c’est déjà l’hiver!

Soirée tranquille à la maison…

Lundi 11 juin

On ne change pas une équipe qui gagne. Betico annulé pour cause de météo, c’est reparti pour une nouvelle course…mais pas contre la montre, cette fois-ci on prend ça plus relaxe. Il nous faut acheter un billet d’avion de nouveau, je retrouve Amélie le matin à l’agence d’Air Calédonie de Lifou qui heureusement est très près de là où je suis hébergée. Au-revoir à toute la famille qui a été vraiment adorable avec moi, Olivier me dépose en voiture devant l’agence et je rentre pour acheter mon billet. Départ deux heures plus tard, à 10h30 du matin. On tente le stop sous la pluie mais à priori personne n’a pitié de nous ce matin là. Ou alors tout le monde est trop pressé. Amélie finit par appeler un contact à elle qui vient nous chercher et nous emmène à l’aéroport. Et nouveau coup de fil à l’arrivée pour en sortir. Ouf, c’est bien utile les journalistes quand même! :)

Petit bilan de Lifou :

Je n’étais pas partie dans un but strictement touristique, avec l’idée d’en voir le maximum. (avec le bateau et les nombreuses annulations c’est assez difficile par ailleurs!) Je voulais découvrir une des îles Loyauté, et laisser simplement la magie opérer. C’est réussi…

“Et maintenant… que vais-je faire de tout ce temps… Que sera ma vie?”

A l’heure où j’écris je n’en sais rien. Je n’ai toujours pas mon visa pour la Nouvelle Zélande et l’inquiétude s’est transformé en colère. Colère devant le peu de compréhension des gens de l’ambassade. Oui je comprends que je ne suis pas la seule, bien évidemment la question n’est pas là. Mais il s’agit d’informations personnelles et de l’incapacité des gens à comprendre le besoin…de comprendre. J’avais eu des soucis pour communiquer avec celle du Canada à Paris pour mon visa de travail l’an dernier. Et aujourd’hui bien que la communication soit plus facile, j’ai droit au même copié-collé depuis 10 jours. Mon dossier stagne entre les mains du service médical qui ne veut rien communiquer. Alors j’attends. Et je me prépare pour le Vanuatu. En faisant le maximum pour me souvenir que bien avant la colère il y a ce sentiment de bonheur. Et la chance d’être ici.

Je n’ai jamais pris les choses d’une façon aussi impromptue. Nous sommes mardi et je n’ai pas mon billet de demain pour partir au Vanuatu. Je peux partir demain ou alors prendre le dernier vol de la semaine, soit ce vendredi. Je ressens la même chose que ce que j’ai ressenti en Colombie ou en Uruguay. Une confiance très forte en les gens et le cours des choses. L’envie de laisser aller, de se laisser dériver… Sous les étoiles, sous le soleil. Sous un ciel toujours clément.

Veni, Vidi, Vici.

 

Les deux derniers jours au paradis

Mardi 29 mai

Il a été décidé hier que nous irions faire le tour de l’île à vélo.  Nous avions fait deux groupes, ceux qui étaient motivés pour faire du vélo à la journée, et les plus fainéants qui en loueraient pour une demi-journée (oui bien sûr j’étais dans celui là, faut pas pousser hein!). Le camping avait 4 vélos à disposition que le premier groupe avait réservé et il nous restait à trouver les notres, pour un départ le matin ou l’après-midi.

Finalement on apprend le lendemain matin, après avoir rendu visite à un hôtel qui normalement en proposait, que le seul endroit où on peut en trouver est dans le nord de l’île. On remercie, on s’apprête à partir sans trop savoir quoi faire, au moment où le type nous dit “par contre on a des voitures de disponibles!”. On se regarde, la décision est comme évidente. Bon ça enlève ce petit côté pittoresque d’une jolie balade à vélo… Moi qui commençait à avoir Yves Montand dans la tête. “Quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins, à bicycleeeeeeeteuh!”. Bon y’a pas de Firmin, Fernand, Francis ni Sébastien, et encore moins Paulette, mais nous sommes bien 5 nous aussi et pour le coup c’est vraiment rentable. C’est parti!

Cette option nous laissera finalement le temps de tout voir, absolument tout ce qu’on voulait visiter sur l’île des Pins. Pour commencer petit arrêt à la baie St-Maurice pour admirer les totems…et sortir les appareils photos pour une petite session photo de groupe qui nous amusera tous beaucoup.

Nous continuons notre route vers la grotte de la reine Hortense.

Hortense, fille de chef et reine de l’île des pins, refusa de céder ses terres aux colons et du se réfugier dans cette grotte qui se trouve dans une forêt au nord de l’île.

Je n’ai tout simplement plus assez de qualificatif pour exprimer ce que je ressens dans des lieux aussi troublants. Je me sens toujours aussi bouleversée et sans voix. Et je regrette que les photos n’expriment pas aussi bien ce qu’on peut y ressentir, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’en mettrais que très peu. Le contraste entre les roches et la nature qui l’entoure est vraiment saisissant. Je suis restée un long moment à contempler ces minuscules fougères dont le vert très vif et quelque peu irréel semblait vouloir réveiller le gris un peu terne de la roche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous continuons vers la “grotte de la 3ème”. Malheureusement je n’ai pas pris le temps de chercher une explication au nom de cette grotte…pour le moins angoissante! En effet nous n’avons pas assez de lumière pour descendre facilement dans celle-ci. Très différente de la première, beaucoup plus profonde et sombre. Nous ne pouvons qu’apercevoir des formes rocheuses impressionnantes, telles des spectres endormis dans l’ombre. Nous ne sommes pas découragés pour autant mais au contraire plutôt fascinés et impatients de descendre. L’atmosphère n’en est que plus mystique et magique. Évidemment nous descendrons à petit pas…très petit pas. Pour finalement découvrir une sorte de lac en contre-bas. Ce qui rendra heureux le plus dingue et le plus casse-cou de nous tous : Loïc. Qui part de ce pas se jeter à l’eau et explorer les stalactites dans le fond. Si j’adore ce genre de réactions un peu folles et spontanées, je n’en reste pas moins un peu inquiète et préfère rester sur le bord. Ce n’est pas tant l’eau froide ni les stalactites que le noir qui m’empêche de me lancer. Courageuse, mais pas téméraire! Tant pis, nous profitons quand même du spectacle. (ce que la dernière photo ne montre pas, ce sont les fameuses stalactites qui ne sont pas celles que l’on peut voir au fond, mais celles qui se cachent dans un couloir d’eau sur la droite, beaucoup plus en profondeur. Ce type est dingue vous croyez? Non, du tout! :)

La suite de la journée sera un peu moins…”cascadeuse”!

Visite des lieux historiques de l’île des Pins, le cimetière et le bagne. La partie ouest de l’île fut affectée à l’emprisonnement des insurgés de la Commune de Paris. (je vous épargne le descriptif de la période de la Commune de Paris, fort intéressante mais qui se trouve aisément sur internet) Les déportés furent répartis dans 5 communes, dont celle d’Ouro où se trouvent les vestiges du bagne. Sans soleil et en fin de journée, nous nous retrouvons très vite dans une ambiance “projet Blair Witch”…

Retour tranquille au camping où nous retrouvons nos sportifs avec qui nous échangerons nos impressions et anecdotes de la journée. Petite soirée calme autour de nouilles indonésiennes (évidemment, ne changeons pas une équipe qui gagne!), et dodo avant d’affronter les événements d’une dernière journée pour le moins…inattendue!

Mercredi 30 mai

Petite randonnée jusqu’au sommet du pic N’ga. Départ à 9h pour un petit 35 minutes de marche assez facile jusqu’en haut. La vue sur l’île et les différentes baies est superbe. L’occasion de se remémorer ces derniers jours et tout ce qu’on a eu la chance de voir…

Le temps de rentrer au camping, les derniers textos d’information du Betico sont arrivés sur les téléphones portables. Le bateau de ce soir à destination de Nouméa est annulé… Problème technique. Une belle course contre la montre se prépare. Entre ceux qui travaillent ou ont des entretiens d’embauche, c’est un vrai problème. Il faut se rendre à l’aéroport pour réserver des billets d’avion au plus vite. Le groupe se scinde en deux, 6 qui partent pour l’aéroport histoire d’amortir le prix du taxi, et trois autres qui restent au camping. Cet après-midi que nous devions passer tranquillement en bord de plage sera uniquement consacré aux coups de fil passés au service commercial d’Air Calédonie et du betico et à faire le pied de grue devant le comptoir (merci Loïc, notre responsable communication et maitre en zen-attitude!). Il faut savoir qu’ici on ne stresse pas… Autant c’est agréable quand tout va bien, autant ça peut devenir un peu agaçant quand on poireaute 4heures dans un minuscule aéroport sans avoir de réponse à quoi que ce soit. La première arrive finalement : pas d’avion avant samedi. Re-coups de fil, hurlements et menaces de gens dans la file (y’a rien à faire, ça me donne toujours autant envie de rire d’ailleurs!). Finalement devant l’urgence de la situation, tout se débloque en fin d’après-midi. Un avion est affrété spécialement pour rapatrier les passagers du Betico le lendemain matin. Le temps d’enregistrer notre groupe ainsi que ceux qui sont restés au camping, la journée est finie et tout le monde a ce petit gout de frustration dans la gorge. Mais une belle surprise nous attend. Là, au dos du billet, écrit en petit… Le fameux dédommagement! Nuit dans un hôtel agréé par la compagnie, et repas remboursé à hauteur de 2800 francs. On a tous notre matériel de camping… qui prendra un peu de repos pour l’occasion. Direction le premier hôtel trois étoiles où nous réserverons deux bungalows…absolument superbes!! Et bien sûr un repas sensationnel pour le soir. Pour l’occasion on met tous un peu au bout pour pouvoir se payer un festin, vin compris. L’impression au passage que l’île des Pins m’offre finalement ma soirée d’anniversaire…et une belle soirée de départ pour tout le monde! Victoire! :)

Un seul groupe vous manque et tout est dépeuplé…

Petite citation pleine de poésie de notre ami Aleks!

Et c’est bien avec ce sentiment que nous repartons tous chez nous. La tête remplie de beaux souvenirs, le cœur un peu vide de par ce sentiment d’absence. Cette belle complicité va très vite nous manquer à tous. La dernière fois que j’ai vécu un rassemblement comme celui là remonte à octobre 2009. Encore couchsurfing, mais à Québec. Invasion de Rimouski par le groupe cs de la ville de Québec. Très différent cela dit. Gros groupe et petite température dehors! Mais l’atmosphère était belle là encore. Un autre coup de chance, puisque j’avais pu embarquer en dernière minute dans la voiture de gens qui sont devenus par la suite d’excellents et merveilleux amis.

J’ai pu lire cette petite phrase toute simple plusieurs fois sur différents profils : “couchsurfing has changed my life” (pas besoin de traduire je pense…). C’est aussi mon cas. Je n’ai pas besoin de le dire, ni de l’écrire sur mon profil. Mais chaque rencontre que je fais me le rappelle.

Et ce n’est pas fini… Mais d’ailleurs, n’est-ce pas encore le début de l’histoire?

 

La tentation du rocher…

Mai 2010, je découvre pour la première fois le snorkeling. Je suis partie dix jours au Mexique et nous partons un matin à la découverte de tortues près de Tulum, avant de plonger l’après-midi avec nos lampes étanches en cenotes, grottes remplies d’eau.

J’aime de plus en plus découvrir le monde sous-marin. Le parcours sous-marin de l’île aux canards m’a beaucoup plu. Faire le tour d’une partie du rocher de la baie de Kuto aussi. Le défi est un peu plus gros aujourd’hui. 1200 mètres aller-retour jusqu’à un rocher de la baie d’Oro. Rien d’extraordinaire ni infaisable. Mais du jamais fait pour moi. Pas sans bateau, pas dans les vagues et le courant. Je suis arrivée à Nouméa avec mes trois vieilles petites phobies quant à la plongée PMT : mettre la tête sous l’eau en apnée avec le tuba, nager dans des eaux sombres, nager dans du courant. De ces trois craintes il ne reste plus grand chose aujourd’hui, en partie grâce à Hélène et Alex qui m’ont donné d’excellents conseils pour l’apnée. Quant au reste… J’affronte tout ça ce matin là. Avec quand même une grosse frayeur à la clé.

Nous ne sommes que trois à nous lancer, Cédric, Loïc et moi. L’eau est froide, un peu trop de vagues et le rocher pas si près que ça une fois ces conditions réunies. On y va quand même. L’aller se fait tranquillement, et c’est un vrai bonheur de faire le tour de ce deuxième rocher. Les patates sont magnifiques, les poissons aussi. Nous avions l’espoir de rencontrer des requins à pointes noires et pointes blanches, mais rien de ce côté là. Petit passage à l’intérieur du rocher où nous pouvons voir deux superbes bénitiers. Petite nage autour avant de se décider à rentrer. Difficilement pour moi. Je sens le froid m’envahir, d’une façon que je n’ai jamais ressenti avant. Et une grosse douleur dans les cuisses, comme si j’avais deux ceintures au dessus de chaque genou qui se resserraient au fur et à mesure de la traversée. J’ai déjà eu des crampes, mais rien de cet genre là. J’essaye de ne pas paniquer mais j’ai quand même du mal à avancer. Je pensais que le retour en suivant le sens des vagues serait plus facile que l’aller mais c’est l’inverse. L’eau rentre dans mon tuba et j’ai l’impression de reculer continuellement. J’ai beau avoir appris à souffler comme il faut pour recracher l’eau, à la 4ème fois c’est la tasse. Heureusement que j’ai Loïc à côté, 2 mètres de bienveillance pour me soutenir. Deux minutes plus tard nous repartons. Loïc me demande régulièrement si ça va, et je réponds oui. Il a l’air de ne me croire qu’à moitié et il a finalement bien raison. Sur les derniers mètres je ne peux plus avancer et c’est lui qui m’aidera à revenir sur le bord. La suite est assez épique. Je tombe au sol, jambes sur le côté. Impossible de marcher ou même seulement de tenir debout. Je suis comme paralysée et frigorifiée. Une belle crampe. Rien de méchant et le traitement est simple : frictions, repos et une bonne tasse de thé bien chaude. Mais j’ai eu peur. Je savais qu’on ne doit jamais plonger seul, maintenant je comprends pourquoi… Mon surnom de la journée est trouvé : bambi (Merci Hugo!) Je sais aussi qu’on ne part pas nager n’importe comment non plus : on oublie le quatre-quarts trop gras et peu nourrissant du matin, et on opte pour un vrai petit dej’, et surtout dixit notre super organisateur des 5jours Patrice, on boit beaucoup avant de partir comme ça. Idiote…mais fière quand même. :)

L’après-midi incite plus au farniente. Le soleil n’est pas au rendez-vous et nous nous contentons de petites balades et de la piscine naturelle. Le soleil sort finalement en fin de journée et nous en profitons pour aller boire un…deux…trois verres en terrasse et de profiter du coucher du soleil.

 

La baie d’oro et la piscine naturelle

Lever tôt dimanche matin. Départ à 07h45 pour traverser une partie de l’île et rejoindre la baie d’Oro et sa piscine naturelle, véritable joyau où vivent une myriade de poissons argentés et coraux magnifiques.

On lève nos verres de cafés pour un petit toast matinal, histoire de me souhaiter un joyeux anniversaire. Je n’aurais pas pu rêver mieux!

La ballade en pirogue à elle seule valait le voyage jusqu’ici. On passe au milieu d’une dizaine de rochers qui semblent pousser sur l’eau comme des champignons. C’est vraiment incroyable et les formes sont à chaque fois plus surprenantes. La Great Ocean Road peut aller se rhabiller. Provisoirement.

Arrivée une heure plus tard. On a encore une demi heure de marche dans la forêt avant d’arriver à l’entrée de la piscine naturelle…et surnaturelle aussi…

Nous resterons ici plusieurs heures à explorer les fonds, faire des vidéos sous l’eau, admirer poissons et coraux…avec une petite balade au delà de la piscine côté mer, pour admirer le spectacle des vagues se fracassant sur les rochers.

La journée a été magnifique et quelque peu éreintante aussi… Petit apéro au camping et balade sur la plage avant d’aller courir dans les bras de Morphée. Je me souviendrais longtemps de cette journée d’anniversaire pas comme les autres!

 

Tu m’endors si je me réveille?

C’était le paradis. J’ai eu l’impression de ne jamais avoir vu la couleur bleue avant ce séjour là bas. De ne jamais avoir autant rêver devant la mer, de ne jamais m’être sentie au bout du monde. Ou sur une autre planète. Ces 5 jours sont vite passés, mais j’ai encore du mal à toucher terre. Encore un pied dans la mer. Ile des pins je te reviens…

Un récit en photos, un post jour après jour.

Samedi 26 mai

Je suis tombée sur cet événement sur couchsurfing avant d’arriver à Nouméa. J’ai tout de suite su que j’irais, sans me poser la moindre question sur d’éventuels frais ou quoi que ce soit. C’était pour le week-end de mon anniversaire, j’avais déjà un peu entendu parler de cette île, tout collait à merveille.

Rendez-vous à 6h du matin ce samedi 26 mai. Nous serons 9 et pas dix. 4 filles : Julianne, Alexandra et Hélène que je retrouve de nouveau, et moi. Julianne est là pour le week-end seulement, et du coup notre petite équipe de trois filles en escapade autour de la grande terre se retrouve de nouveau! Toujours aussi complices. Et 5 garçons que je connais déjà, sauf un. Loic. Et encore une merveilleuse rencontre… Tout le monde restera jusqu’à mercredi.

Trajet en mer agréable. On m’avait dit de faire le trajet en bateau, que ça en valait vraiment la peine. Tout le groupe s’était mis d’accord pour le bateau, qui coute bien moins cher que l’avion. Mais même sans ce détail j’aurais choisi d’y aller de cette façon là. Longer les côtes et voir l’île des Pins se rapprocher de nous peu à peu fut un moment magnifique.

Arrivée à 9h45. Personne de malade, tout le monde va bien. Merveilleux mon capitaine on peut repartir! Direction notre premier camping où nous poserons nos affaires avant d’aller profiter de la baie de Kuto et de son célèbre rocher.

Punky Poule est déjà dans son élément. On ne peut plus la retenir! Elle grimpe aux pins colonnaires qu’elle adore, et sur les rochers aussi. Et médite devant la mer…comme toute poule qui se respecte bien sûr!

La première journée sera consacrée au tour du rocher de la baie en snorkelling.

J’ai découvert grâce à Alexandra l’existence des pochettes de plongées pour appareil photo. Complètement révolutionnaire!! Bon, on ne peut pas aller à plus de 5mètres avec mais c’est quand même super et assez abordable! Étant donné que je n’ai pas les moyens de m’offrir un caisson de plongée pour mon appareil (pas plus qu’un appareil photo digne de ce nom), je vais craquer pour une pochette très bientôt. En attendant j’ai pu profiter des pochettes et caissons de tout le monde. Pour une fois, j’ai des photos! YES!

Petit dictionnaire de plongée et de quelques merveilles qu’on peut trouver ici :

Les bénitiers : Il s’agit du plus grand coquillage au monde. Leur nom provient de leur utilisation dans les églises catholiques pour contenir l’eau bénite. Photo prise à la piscine naturelle d’Oro :

(mais c’est bien sûr plus joli ouvert)

Les patates de corail : Ce sont toutes ces différentes formes de coraux, plus ou moins arrondies, plus ou moins grosses, qu’on trouve sur les fonds. Leur forme évoque celle d’une patate, évidemment.

Les gorgones : Un type de corail à tentacules, souvent de couleurs vives. On en trouve beaucoup ici…

Et les bêbêtes…

Je ne vais pas faire un listing complet de tous les poissons et autres bestioles qu’on peut trouver ici. Simplement deux qui m’ont vraiment marqué.

Le “baliste Picasso”. J’ai du éplucher un livre pour trouver son nom. C’est de très loin mon poisson préféré, et un de ceux qui m’a donné l’envie de commencer à tester un peu l’apnée et à aller taquiner la vie sous-marine. Il est tout simplement superbe, fascinant, tellement agréable à contempler. Malheureusement pas de photo personnelle, mais je joins quand même une petite image “pêchée” sur la toile :

Le tricot rayé : bien sûr c’est le petit pull que vous a tricoté votre mamie à l’hiver de vos dix ans. Mais c’est aussi le nom d’un des serpents les plus dangereux du monde (son venin est dix fois plus puissant que celui du cobra). Mais curieusement il n’attaque pas l’homme, sauf s’il se sent vraiment menacé. On peut le voir dans l’eau ou sur la roche. C’est là que j’ai aperçu mes deux tricots rayés, un gros et un plus petit. J’ai pu m’approcher assez près…bon la photo a été vite prise quand même, je vous rassure!

 

 

 

 

Revenons-en à notre beau rocher…

De plus près, voilà à quoi il ressemble. Majestueux lui aussi dans son lit d’eau turquoize…

Nous finirons cette première journée sur une plage un peu plus éloignée et tranquille. L’occasion pour ces messieurs de trouver un jeu à la forme originale mais aux règles simples : la noix de pétanque!

Repas grillades et vin pour notre premier soir. On ne fait bien connaissance que le ventre bien rempli, c’est bien connu! On pars dans nos tentes, le sourire aux lèvres et déjà impatients de voir arriver cette deuxième journée.

 

Les 3 derniers jours autour de la grande terre

Mardi 22 mai…en kayak s’il vous plait!

Nous sommes toujours au camping de Babou plongée. La nuit a été un peu courte pour moi mais je me réveille tout de même en pleine forme. Une belle matinée nous attend, avec au programme le tour des roches noires de Lindéralique en kayak de mer. Je n’en ai jamais fait et je suis vraiment impatiente de découvrir ça. Mes rares expériences de pagayage (hormis le rafting que je ne ferait pas rentrer dans cette catégorie) sont celles en canot rabaska au Québec (embarcation pouvant accueillir 10 personnes), et la promenade en kayak en Tasmanie, expérience assez décevante vu que j’ai très vite eu des crampes dans les bras et beaucoup de mal à avancer, sans comprendre vraiment la raison. Heureusement qu’on était deux. Et la ballade superbe.

L’expérience ici sera totalement différente. Les kayaks sont pour une personne seulement, très légers et confortables. J’ai tout de même une petite appréhension quant à ma capacité à tenir le rythme mais elle disparait très vite. Je me sens tout de suite à l’aise dans l’eau sur mon beau kayak jaune poussin. Et j’ai la classe non?

Nous devons tout d’abord traverser une portion de plage en canot en contournant les vagues (pas si facile!), avant d’arriver à l’entrée du lagon et de longer les roches pendant une heure et demie. La balade sera fabuleuse et m’a laissé un souvenir inoubliable. J’étais très déçue de ne pas avoir fait de tour de bateau en Tasmanie pour approcher les falaises de Bruny Island, et mêmes tant d’autres facilement accessibles. Je sais au moins aujourd’hui le sentiment qu’on a lorsqu’on se retrouve au pied de ces monstres de roche, en avançant doucement et en prenant le temps de tout contempler autour de soi. On ne se sent pas seulement petit, mais seul au monde. Dans une bulle.

 

Le retour est difficile. On peine à avancer. Les vagues de rafales qui soufflent et le contre-courant nous donnent vraiment du fil à retordre. Nous faisons une pause de quinze minutes dans la mangrove avant de repartir et de rentrer au camping. Incroyablement fière d’être arrivée au bout et d’avoir réussi le retour! A refaire, définitivement.

Le temps de plier les affaires, manger et dire au revoir et nous voilà de nouveau sur la route. Direction Poindimié où nous devons retrouver Eric, l’un des amis de Sophie la couchsurfeuse qui a hébergé Hélène et Alex à Bourail. Lorsque nous arrivons il est avec son propriétaire qui vit aussi sur les lieux et avec qui nous faisons un peu connaissance. Il est d’accord pour que nous plantions la tente dans le jardin mais tient à nous proposer quelque chose qui devrait nous plaire davantage. Une petite maison plus ou moins abandonnée en bord de plage appartenant à un ami à lui, en voyage présentement. L’endroit est superbe et nous acceptons la proposition.

Petit repas dans un snack en ville avant d’aller au lit, pas mal épuisée de la journée.

Mercredi 23 mai… Mais où est Charly?

Il nous reste une très grosse portion de route avant d’arriver à Thio, dernière étape de notre voyage autour de la grande terre. Cette journée sera consacrée à une conduite plutôt intensive…

L’occasion de prendre la célèbre “route à horaires”, entre Canala et Thio. Route très étroite et sinueuse qui fonctionne d’une façon un peu particulière. Entre Canala et Thio la route est ouverte pendant 20 minutes toutes les heures paires. On a 50 minutes pour faire un trajet d’une demi-heure. Heures impaires évidemment dans l’autre sens…

La route est belle, changeante et surprenante derrière chaque virage et offrant de magnifiques point de vue.

J’attends impatiemment d’arriver à Thio pour essayer de voir Charly, le dugong qui rode autour de la plage et s’approche souvent des gens. Enfin, plus particulièrement des femmes! Charly est un dragueur! La fille du camping m’a raconté son histoire. Celle d’un petit dugong qui se retrouve orphelin après que des gens aient abattu sa mère. Il a finit par s’habituer aux habitants de Thio et vient souvent nager ou jouer avec eux.

Malheureusement point de Charly malgré une petite heure à scruter l’eau et quelques moments à barboter dans le froid ce jour là. En rentrant à Nouméa j’ai appris qu’une rumeur commençait à circuler sur la mort récente de monsieur Charly qu’on a pas vu depuis quelques semaines à présent. J’irais chercher Charly ailleurs dans le monde… Dommage. Un peu déçue mais tant pis.

Jeudi 24 mai… Retour à Nouméa

La route se fait vite et bien. Plus du tout de pause photos mais l’occasion de rêver un peu en profitant de ces derniers moments toutes les trois, et de faire le bilan.

Je n’ai pas vraiment d’image de ce que serait un séjour “parfait”. Le concept de “perfection” en voyage m’est un peu étranger. J’aime bien les galères tant qu’elles ne se multiplient pas constamment, j’aime les petites angoisses et doutes que font naitre ce type d’aventure, j’aime les petites catastrophes qui précédent de jolis récits et font sourire plus tard. Mais tout de même…oui ce voyage avait quelque chose de parfait. De par notre complicité, les découvertes toujours plus belles et intenses. Pas une dispute entre nous, pas de réflexion stupide…Je suis heureuse, encore et encore. Et impatiente de voir la suite, et surtout de vivre l’île des Pins.

 

La pointe nord et la corniche calédonienne

Samedi 19 mai

La route vers le bout du monde

Nous décidons de prendre la route vers la pointe et de faire les grottes de notre côté plus tard. La plupart des couchsurfers qui arrivaient directement de Nouméa hier ont compris le souci du camping et se sont arrêtés à Koumac. Nous sommes donc seules à Poum avec encore beaucoup de route à faire jusqu’à jeudi prochain, et plus la moindre envie de redescendre pour remonter à nouveau. Tant pis…

Nous voilà donc partis pour le bout du monde, à savoir Boat Pass. Une grande étendue de plage qui offre une vue magnifique sur les îles entourant le nord de la Calédonie dont l’archipel des Belep. La lumière et les reflets me rappellent le salar d’Uyuni. Les effets ne sont bien sûr pas les mêmes, mais l’émotion que je ressens en contemplant ce paysage sauvage et désertique est bien là. C’est le petit point rouge tout au nord sur la carte :

Des nuages tombés à l’eau…

A Boat Pass il y a le relais de Poingam. Un superbe gite en bord de plage, très réputé également pour son restaurant. C’est un peu cher, mais terriblement bon aussi. Cuisine locale fine et copieuse. Nous n’avons pas les moyens de prendre un menu, ni l’envie de craquer pour le moindre cocktail, mais on se laisse tenter par l’option plat+dessert. Sans remord! On l’a bien mérité puis on sait qu’on repasse en mode nouilles le soir… Et effectivement c’est tellement bon! Cari de cerf et sauce poingo (genre de bananes) pour moi, et mousse chocolat/coco en dessert pour tout le monde. Évidemment! :-)

Nous reprenons tranquillement la route de Koumac où nous avons prévu de faire les grottes le dimanche matin, ainsi qu’une autre petite rando sympa à travers les roches de Notre Dame. Nous prenons tout notre temps et profitons de petites pauses détentes tout au long de l’après-midi.

Dimanche 20 mai

Je me lève très tôt ce matin là, comme à mon habitude. Les filles dorment encore. Le temps est magnifique et je décide d’aller me balader jusqu’au bout de la plage qui longe le camping. J’assiste de nouveau à un spectacle qui me laisse sans voix. Quelque chose d’incroyablement beau, et pourtant statique. Toute l’étendue d’eau semble presque totalement figée, comme pour mieux laisser libre ses arbres éparpillés à la surface. J’en tirerais je crois mes plus belles photos. Un paysage un peu étrange et touchant…que je partage avec deux autres lèves-tôt. Je discute un peu avec eux, surtout avec un des garçons originaires de Bretagne, chauffeur poids-lourd qui cherche du travail en Nouvelle Zélande. J’ai cette impression de déjà vu un peu bizarre. Il est sur de me connaitre lui aussi. Bien sur, on a échangé par couchsurfing une semaine avant. Il se souvient de moi et de mon pseudo sur le site. Le monde est décidément très petit… Petite discussion sans prétention et chacun retourne à son café et sa tente. Les filles se réveillent petit à petit…

Les Roches de Notre Dame

Une petite heure autour du massif histoire d’admirer le relief et grimper assez près des plus hautes roches.

Les grottes de Koumac

Situées à 15 kilomètres de Koumac les grottes se cachent au cœur d’une belle forêt où on peut pratiquer l’escalade. Le site est très impressionnant : 360 mètres de galeries à explorer, dont une partie dans l’eau que nous ne ferons pas. C’est la première fois que je fais une visite dans des grottes aussi profondes. Je prête ma lampe frontale à Hélène et garde la lampe ultra puissante que m’a prêté Nico. Choix pas si judicieux vu que c’est moi qui prend le plus de photo et que ce n’est pas très pratique d’escalader avec un appareil dans une main et une lampe dans l’autre… Bon, je m’en sors quand même. Arrivée devant la première grande cavité d’eau qui nous signale la fin de notre exploration (après 45 minutes de marche), nous décidons de couper les lampes et de faire silence. Juste pour prendre conscience au plus profond de nous mêmes de l’atmosphère intense de ce lieu. Pas un souffle, pas un bruit ni un rayon de lumière. Le noir total. C’est presque étourdissant. Nous restons une minute comme ça avant de rallumer et de contempler émerveillées l’étendue d’eau dans son lit de roche. L’occasion pour Alex, notre grande sportive que rien n’arrête, de nous conter ses histoires de plongée de nuit et de spéléologie. Moi qui suis d’ordinaire assez fière de mes exploits sportifs en rando, je me sens bien seule entre Alex la grande plongeuse et Hélène l’apnéiste de première catégorie.

Nous rebroussons chemin, il est temps d’attraper enfin cet embranchement à la sortie de Koumac et de prendre la direction de la côte est. Direction le camping de Ouane Batch à Pouebo…

Lundi 21 mai

Matinée snorkelling depuis la plage du camping. L’occasion de suivre pendant quelques minutes deux tortues et de superbes poissons, et de voir le plus beau jardin corallien de ma vie (pardon Bali, pardon Lombok).

Nous resterons une heure dans l’eau avant de retourner sur la plage, encore pleines d’entrain toutes les trois. L’occasion de quelques exercices de gym et de réapprendre le “salut au soleil”, grâce à Hélène. Pas de photo, de toute façon le résultat est quelque peu désastreux! :-) Mais on s’amuse bien. La journée s’annonce très belle. Et elle le sera vraiment…

La corniche calédonienne, de Pouébo jusqu’à Hiengène.

La route depuis Pouebo est vraiment jolie. Nous nous arrêtons pour visiter l’église, particulièrement intéressante.

Et quelques micro-ondes recyclés en boite aux lettres… Quelle drôle d’idée!

Nous avons les deux plus belles cascades de l’île sur notre route : la cascade Colnett et la fameuse cascade Tao, qui mérite à elle seule ce voyage en Nouvelle Calédonie.

Colnett est assez belle, mais définitivement moins impressionnante que Tao. Elle mérite tout de même un arrêt, une jolie promenade et quelques photos.

La cascade Tao

Elle est immense, magnifique, sa proximité avec la mer rend l’endroit encore plus beau. Mais c’est tout le site qui entoure la cascade qui rend la balade époustouflante. On grimpe plusieurs paliers à travers la forêt, révélant différents points de vue sur les chutes et différentes piscines et bassins naturels où se baigner (J’ai même pu photographier un ourson avec un cœur en cailloux, vous l’avez trouvé? C’est mon côté Amélie Poulain qui ressort de nouveau..). En tout nous franchirons 4 paliers avant d’arriver au pied même de la cascade principale. Les gens se baignent un petit peu partout, mais surtout au 2ème palier où il y a quelques chutes d’eau forment des toboggans qui font le plaisir des jeunes comme des plus grands. J’avais un peu oublié qu’on pouvait se baigner, et je n’ai pas pensé à emporter le maillot. Mais visiter la cascade Tao sans se baigner c’est un peu comme…hum, visiter le Pérou sans voir le Machu Picchu? Ok mauvais exemple… Passons. En attendant je saute à l’eau!

Il est temps à présent de prendre la direction du camping de Hiengène. Nous nous arrêtons encore sur la route pour admirer la “poule couveuse” et le sphinx, deux énormes formations rocheuses dans la mer, à quelques kilomètres de Hiengène. Extraordinaire…

Pour ceux qui auraient trop bu ou seraient éventuellement très fatigué, je précise que le sphinx est la première image, et la poule la seconde…Haha!

Encore deux jolies vues prises d’un peu plus haut :

Arrivée à Babou côté plongée. Installation de la tente. 5ème nuit dans une tente deux places où nous dormons à trois…Heureusement qu’on s’entend bien! :-)

Les filles sont fatiguées, et moi je viens de passer une de ces journées tellement rassérénante et belle que je n’ai pas envie de dormir. J’attrape notre dernière bière et me dirige vers un groupe de gens en plein apéro que j’ai repéré quelques instants plus tôt, et me fait inviter à m’asseoir. Il s’agit en fait pour la plupart de moniteurs de plongées et personnel du camping. C’est comme ça que j’apprends que le propriétaire du camping et club de plongée à vécu pendant de nombreuses années…à quelques kilomètres de chez moi! Son oncle était le directeur du collège où j’ai étudié, et sa cousine est à présent directrice de l’école primaire où j’ai passé 4 années de mon enfance (et surtout échangé mes bonbons pas bons). Sacrée coïncidence…! Pour l’heure nous en sommes surtout à quelques jeux de cartes un peu alcoolisés, et un peu de jeu de feu. Elle est jolie, a un sourire magnifique et donne envie de la photographier. Alors c’est parti.

Et la version masculine très sympathique aussi…en un peu plus flou malheureusement.

Il est presque une heure trente du matin et une matinée sportive nous attend demain… Au dodo!

La suite au prochain épisode!

 

Tour de la grande terre : les trois premiers jours

Mercredi 16 mai, départ de Nouméa.

Je pars pour une première aventure : 8 jours avec deux filles que je n’ai jamais rencontré, avec qui j’ai seulement échangé deux fois par téléphone et six fois par mail. Du moderne et du virtuel, mais rien de vraiment concret ni sûr. Et pourtant! L’expérience est vraiment tentante. 8 jours pour faire le tour de l’île principale de la Nouvelle Calédonie, appelée aussi “la grande terre”. 8 jours pour apprendre à se connaitre, s’adapter, adapter nos envie et nos besoins d’évasions, de découvertes…

Je suis bien sûr déjà partie en vacances avec des amis. Également quelques jours avec des couchsurfers de passage. Mais pour une aussi “longue” durée avec de totales inconnues, c’est une première. Mais une première totalement réussie. Incroyable et magnifique que je vais de ce pas vous conter…

Je quitte donc Nouméa ce mercredi. Avec deux petites appréhensions. La première, arriver à sortir de Nouméa sans galère et sans stress. Quiconque me connait un peu sait à quel point je déteste conduire en ville. Première grande surprise : les deux seuls coups de klaxon que j’entends sont des gens qui se saluent. Personne ne s’énerve ici, ne s’impatiente ou abuse du klaxon. C’est vraiment agréable et bien sûr tout se passe à merveille. J’ai choisi un petit modèle de voiture, premier forfait et premier prix. C’est donc une jolie petite twingo blanche surnommée Turbotine, qui nous emmènera partout autour de la Calédonie. Évidemment pas de kilométrage illimité, et il nous faudra faire par la suite une petite entorse au contrat que je n’ai pas choisi au mieux. Mais l’agence est super et on s’en sortira finalement très bien. Comme moi sur la route…

Deuxième petite inquiétude, arriver à intégrer une dynamique de groupe déjà créée depuis un certain temps. Alexandra et Hélène se sont rencontrées par couchsurfing et voyagent ensemble depuis deux semaines. Trois, ça peut vouloir dire un duo qui s’entend bien et qui passe occasionnellement seulement à trois. Je n’aime pas tant que ça les groupes impairs… Mais là encore tout se déroulera à merveille. Un sans faute pour tout dire!

Je prends la voiture à 11h30 ce mercredi et rejoins Cécile, la couchsurfeuse que je devais rejoindre à La Foa et qui doit m’héberger ce soir là. Elle a finalement un rendez-vous important et inattendu ce matin là à Nouméa et nous ferons donc la route ensemble de Nouméa à La Foa. Bon c’est bien beau tout ça mais on est où exactement là?

Le plan est donc de s’arrêter à La Foa le mercredi avant de récupérer Hélène et Alexandra à Bourail jeudi à midi. J’ai donc une journée à tuer, toute seule puisque Cécile travaille l’après-midi.

Nous prendrons un autostoppeur sur la route, plutôt sympathique bien que pas très bavard. Première idée reçue qui se révèle fausse : l’auto-stop existe bel et bien en Nouvelle Calédonie. Il est même très répandu, contrairement à ce que peuvent penser les gens. Par contre il est vrai que la façon de lever le pouce est assez… inhabituelle! J’ai vu de tout au cours de ces derniers jours : une femme assise contre un arbre à 3 mètres de la route regardant devant elle (le pouce levé quand même!), un type au regard très dur qui n’a pas l’air plus motivé que ça, des gens dos à la route qui ne font même pas l’effort de se retourner…On a beau me dire que ça fait partie de la façon de faire des locaux, ça ne me donne pas plus envie que ça de m’arrêter. Ceci dit l’énergie de Cécile est tellement communicative que notre auto-stoppeur participe volontiers à nos discussions et nous offre généreusement son joli sourire. J’en apprends un petit peu plus sur la région et l’importance du Niaouli, un arbre très répandu dans la région sud-ouest et très utilisé dans l’aromathérapie.

Nous laisserons l’autostoppeur à l’entrée de La Foa avant de prendre la direction de la maison de Cécile où je passerais la journée et la nuit. J’ai un bon programme devant moi : trouver une banque qui accepte de changer mes dollars australiens, faire les courses pour les prochains jours…et faire une petite sieste avant d’attaquer le périple. Je prends la journée relaxe…

Deux autres couchsurfers et amis de Cécile de Nouméa nous rejoigne le soir. Il est prévu que nous nous retrouvions entre couchsurfers samedi matin (une bonne quinzaine!) pour une grosse matinée spéléologie à Koumac, dans le nord de l’île. Ils ont 4 jours et ont planifié une virée jusqu’à la pointe nord de l’île avant de revenir pour les grottes de Koumac. Ce que nous avons prévu aussi Hélène, Alex et moi. Mais l’idée de faire la virée à toute vitesse jusqu’au nord ne me tente pas, et je n’ai pas besoin de contacter les filles pour savoir ce qu’elles en pensent. J’avais proposé à Cécile de nous accompagner et de revenir avec nous le samedi matin pour les grottes. Elle choisira finalement de rester avec les garçons pour leur traversée express jusqu’au nord. Ce qui m’arrange finalement, puisque je ne me sens pas spécialement d’humeur “concession”… J’ai envie de rouler à mon rythme, mettre ma musique à tue-tête si j’en ai envie, et surtout de prendre mon temps. Ce qui ne sera pas arrivé beaucoup en Australie et m’a finalement vite fatigué. J’ai à présent cette liberté là. La route me plait, m’attire, et je me sens libre, libre de mon temps et de mes envies. Que demander de plus?

Après un repas et des échanges très sympa avec les deux garçons et Cécile je décide d’aller me coucher. J’ai prévu de prendre la route tôt et de m’arrêter un peu où j’en ai envie, notamment à Sarraméa, joli petit village à une dizaine de kilomètres de La Foa.

Jeudi 17 mai

Départ à 8h30. J’ai un peu moins d’une heure de route, et trois heures trente pour y arriver. Le road-trip peut commencer. Je commence avec l’”Acoustica” de Scorpions, un de mes disques live préférés. “Here we go” me lance Michael Schenker. C’est parti…

J’arrive très vite à Sarraméa, peu de monde sur la route. J’ai finalement bien fait de prévoir du temps, car ce qui était censé être une petite étape va se révéler être une magnifique découverte. Je veux absolument voir le “trou Feuillet”, une piscine taillée dans la roche en contre-bas d’une cascade. Je resterais ici un bon moment à méditer, prendre des photos et randonner dans les environs. J’ai aperçu deux jeunes filles d’une vingtaine d’années qui s’apprêtaient à se baigner. Au moment où je décide finalement de m’éloigner je me retourne une dernière fois et les vois debout, immobiles et silencieuses, semblant fixer quelque chose. Je décide de faire demi-tour doucement et de me rapprocher. Il y a effectivement quelque chose…Un cerf. Dans l’eau. Tout aussi silencieux et immobile que les filles. Il n’est pas terrorisé ou inquiet. Juste serein, semblant profiter de la cascade et savourer la nature qui l’entoure.

J’ai bien sûr vu des animaux plus originaux que ça. Plus beaux, plus intéressants. Mais l’endroit, sa posture, le silence et la magie du lieu confère à ce moment et à cet animal quelque chose d’incroyablement majestueux. Je suis touchée et décide à mon tour de m’asseoir et de l’observer. Les filles se retournent et me sourient. Un beau moment, qui me fait perdre de mon temps. Aucune importance. Je savoure encore…

Je reprends finalement la route, d’une traite cette fois-ci. Je dépasse dans un premier temps Bourail pour me rendre jusqu’à la plage de Poé, histoire de faire quelques photos.

Je suis toujours autant fascinée par toutes ces nuances de bleu que l’on retrouve en Nouvelle Calédonie. Je reste un moment sur la plage avant de repartir retrouver les filles pour de bon. Faire enfin connaissance!

J’arrive à midi et des brouettes chez Sophie, la couchsurfeuse (surement unique couchsurfeuse du coin) qui héberge Alex et Hélène. Très dynamique et sympa, elle me fait rentrer chez elle, m’offre à boire et discute un moment avec moi de mon travail en Australie. Puis Alex et Hélène arrivent, et je sens de suite que la dynamique va être parfaite. Assez différentes l’une de l’autre, mais même sourire avenant et accueil chaleureux.

Hélène a 26 ans, vient de la région de Rennes et a décidé de faire un break de 2 mois en Nouvelle Calédonie. Elle est accueillie chez une amie à elle qui vit maintenant à Nouméa. Elle est un peu plus réservée que Alexandra au premier abord, mais tout aussi vive et d’agréable compagnie. Un vrai plaisir d’échanger avec elle!

Alexandra a 32 ans, originaire de Strasbourg, elle voyage depuis presque trois ans. Elle a passé deux années en PVT en Australie avant de passer quelques mois en Nouvelle Zélande et quelques semaines aux Fidji. Son train de vie me fascine beaucoup. On aurait pu vivre la même chose, si notre parcours de départ n’avait pas été si différent. Soucieuse d’améliorer son anglais et de découvrir le volontariat en ferme (wwoofing), elle décide de partir seule en Australie en commençant par vivre dans des fermes, justement pour améliorer au plus vite son anglais. D’une pierre deux coups. Elle l’améliore rapidement et finit par vivre de différents petits boulots, travail dans les perles, sur des bateaux, en restauration… On échange beaucoup sur le sujet. Elle entretient mes rêves presque autant que mes regrets, mais j’aime à l’écouter et me dire que je reviendrais un jour. Différemment. Pour l’instant l’heure n’est pas aux regrets ni au passé, mais à la route.

Nous partons rapidement, les filles sont pressées de passer à autre chose. On s’arrête tout de même à Bourail côté roche percée. Du moins ce qu’il en reste. A savoir le fameux “Bonhomme”. Un gros bloc sculpté par l’érosion, reposant sur son socle de pierre et semblant vouloir défier la mer. Je l’avais vu sur des publicités et divers prospectus. Je n’avais aucune idée de sa taille. Je suis impressionnée, comme par tout ce que je vois et découvre depuis le début en Nouvelle Calédonie.

Nous décidons de rouler jusqu’à Koné où nous passerons la nuit dans un camping gratuit. Gratuit comme les moustiques qui feront un festin de nos genoux, nos cuisses et nos pieds… Je récolterais plus de piqure en une semaine ici qu’en six mois en Australie… En parlant de festin, notre planning repas se prépare aussi. Nous sommes sur le même mode “petit budget sacrifice”. J’ai choisi d’intensifier mon rythme “privation” pour pouvoir investir plus côté excursions. Le menu petit budget est simple en Nouvelle Calédonie (mais à ne pas utiliser pour un régime, je vous préviens). Je suis sympa je vous donne la recette. Prenez le rayon conserves du supermarché. Choisissez le coffret de 3 pâtés en promotion (il n’y en a qu’un vous ne pouvez pas vous tromper), puis dirigez vous vers le rayon produits asiatiques. Mais avant, petite devinette : qu’y a t-il de moins cher que des nouilles indonésiennes achetées en Australie? Réponse : des nouilles indonésiennes achetées en Nouvelle Calédonie! Bien sûr vous aviez deviné vous êtes trop forts! 30 francs soit 0,30 euros le repas. Qui dit mieux? Personne. Bon, passons au dessert : des pommes! Ça se conserve bien, c’est santé, très bien. Et le petit déjeuner? Un quatre-quart évidemment. Hé dis donc, je vous ai vu là, lorgner celui au chocolat!! Attention, c’est 200 francs de plus!!! On prend celui à la vanille. 365 francs, voilà c’est bien. Et non on ne fait pas la tête! C’est pour votre bien! Si au bout de 8 jours vous commencez à vous sentir frustré, que votre portefeuille vous démange autant que l’envie d’ouvrir trois plaquettes de chocolat ou de tuer quelqu’un, vous avez deux solutions : pensez très fort au ticket de bateau que vous allez pouvoir vous offrir pour une île supplémentaire, ou alors ramener une bouteille de rhum des Fidji. Merci Alexandra, ça tient l’estomac! (et ça nourrit son homme pour reprendre ses dires!)

Une première journée de passée ensemble et déjà beaucoup de belles images dans l’appareil photo et dans la tête…

Vendredi 18 mai

Nous devions nous arrêter à Koumac et attendre les dix autres couchsurfers ici jusqu’au lendemain pour la visite des grottes. L’histoire (et surtout l’imbécilité du propriétaire d’un camping) en décidera autrement.

Nous prenons la route jusqu’à Voh, célèbre depuis que Yann Arthus Bertrand a découvert le cœur de Voh en survolant la région (je te sens déjà heureux de lire son nom Antonin! J’ai bien pensé à toi!!). Pour ceux qui froncent les sourcils et essayent de se souvenir :

Il ne se voit bien que du ciel. On peut l’apercevoir après une heure trente de randonnée à travers la mangrove. Mais il parait qu’il se déforme et n’est plus aussi net qu’avant. Nous cherchons le chemin de la randonnée, une fois, deux fois, trois fois. On demande et on redemande, les explications ne sont jamais très claires. Le temps se couvre un peu, on décide de laisser tomber.

Ce qui me permet de rebondir sur l’idée reçue numéro deux : La Nouvelle Calédonie c’est touristique. Certainement pas! Et ce n’est pas seulement mon constat de ces 13 derniers jours. C’est l’affirmation d’un grand nombre de gens. Qui peut se vérifier aisément. D’une part il y a Nouméa et ses environs, qui attire les australiens à peu près autant que la presqu’île de Bukit à Bali. Pour quelques jours/une semaine. Mais passée cette région l’intérêt reste limité… On rencontre des gens en PVT pour une année en Australie ou Nouvelle Zélande et qui font un arrêt-vacances ici. Pas si nombreux car il y a d’autres destinations moins chères, à commencer par les îles Fidji. Il y a aussi les français, finalement plus nombreux à faire le tour de la grande terre et à explorer les îles Loyauté et le cœur de l’île. Mais pas tant que ça là non plus. Finalement la Nouvelle Calédonie c’est surtout des métropolitains venus ici pour une ou plusieurs années, qui repartent ou décident de rester. Mais même si les gites et hôtels sont nombreux, on ne sent pas la même atmosphère de tourisme que dans d’autres pays. Peu de plateformes d’observation sur les routes pour admirer la vue, peu de panneaux dans certaines villes, peu d’indications pour les randonnées. Comme dit très simplement Nico : Tant mieux!! Laissons la Nouvelle Calédonie aux passionnés, et aux gens qui se donnent les moyens de la découvrir…

Revenons à nos moutons (ou plutôt nos vaches et nos chevaux)

Nous cherchons la direction du camping où nous devons nous retrouver. Un camping soi-disant à 30 kilomètres de Koumac. Que l’on ne trouvera jamais puisque le camping est à 70 kilomètres de la ville. Une mauvaise indication du propriétaire (confirmée et re-confirmée 3 fois), sans doute alléché par l’idée d’avoir une vingtaine de personnes campant sur son terrain. On comprend un peu l’idée : nous sommes hors-saison, la nuit est à près de 9 euros, nous sommes nombreux…Ceci dit c’est plus que déplacé et le résultat va mettre une belle pagaille dans l’organisation. Nous avons fait trop de route et nous sommes près de Poum, que nous avons prévu de visiter de toute façon en faisant le nord. Il nous faut à un moment redescendre à Koumac pour prendre la route qui nous emmènera vers la côte est. Redescendre pour les grottes, remonter dans le nord, puis redescendre à nouveau? Aie aie aie… Nous sommes bloquées, on voudrait faire les grottes avec nos collègues couchsurfers mais l’idée de refaire tout ce chemin nous ennuie pas mal. Nous croisons d’autres gens du groupe complètement par hasard, qui ont fait la même erreur que nous en cherchant le camping et en allant trop loin eux aussi (ou plutôt finalement à l’endroit exact). La nuit tombe et ils sont aussi coincés que nous. On décide de se diriger vers le camping le plus proche…qui a finalement fermé voilà quelques semaines. Il a fait l’erreur d’accueillir “exceptionnellement” quelques campeurs qui ont trop vite véhiculé l’idée qu’il était facile de camper encore ici (ce qu’on a entendu nous aussi évidemment). Il est désolé mais refuse catégoriquement de nous héberger. Nous sommes découragés, fatigués, et surtout nous sommes 7.

Le propriétaire du restaurant du site assiste à la scène, et nous propose rapidement de venir chez lui. Il nous explique que la maison est en rénovation, que c’est un vrai bazar mais que nous y serons suffisamment à l’aise. Nous voilà rassurés et heureux! Et ce qui commençait à être une vraie galère va se transformer en un pur moment de bonheur et de partage avec d’adorables locaux : Rémi, sa femme et leurs quatre filles, avec qui nous échangerons maintes discussions et sourires, la maison que nous voyons de nuit et que nous découvrirons sous un autre visage le lendemain matin, sur fond de montagne et de bleu océan, les repas et le retour de la pêche le lendemain matin. Tout est simple, tout n’est que sourire, soleil et petits bonheurs échangés…

Ces premiers jours et cette partie du voyage ne sera pas la plus riche en photos. Les “étapes photos” sont marquantes et très belles, comme celle de Bourail et de son bonhomme, mais finalement rares et très espacées les unes des autres. Je ne serai pas aussi catégorique qu’un grand nombre de gens qui m’ont dit ou écrit que la côte ouest ne valait rien. Un peu brutal mais c’est bien ce que j’ai entendu. La route est belle, les rencontres magiques et c’est déjà beaucoup à mes yeux. Je regrette justement que les propos soient un petit peu trop catégoriques quelquefois. Bali trop touristique, L’île Nord de la Nouvelle Zélande peu intéressante. J’aime l’idée d’avoir à fouiller et explorer, et la Nouvelle Calédonie se découvre en s’y perdant, en cherchant, en fouillant, en allant à la rencontre de ses habitants. C’est ce dont j’avais besoin. Un agréable défi à relever…

Je repense depuis peu à mes premiers cours de psychologie et à la notion de pulsion de vie. Le cours m’intéressait à moitié, mais cette expression reste dans ma tête, bien que pour moi elle n’ai pas gardé son sens freudien.

Ma pulsion de vie, c’est ma pulsion de voyage. Je la sens sous mes chaussures de marche, dans le poids de mon sac à dos, dans le sourire des gens et l’objectif de mon appareil photo. J’ai cru cette pulsion éteinte et je la redécouvre peu à peu. Avec des envies qui se réveillent, des rêves qui se ravivent et un sourire qui se redessine. Je pensais que ce voyage serait une escale repos et détente, mais il s’avère être l’un des plus beaux voyages de ma vie. Une harmonie entre les couleurs, les gens, la nature et ses sites magnifiques, qui ne cessent de m’émerveiller. J’ai été prise au piège, mais la toile d’araignée est bien confortable. Et je souris à l’araignée…

La suite très bientôt…

 

 

 

Adieu Kookaburra, bonjour Cagou!

Voilà 4 jours maintenant que je suis en Nouvelle Calédonie. Et je peux déjà faire un bilan incroyablement positif de ces quelques jours. Des sourires de partout autour de moi, une belle douceur de vivre, des couchers de soleil et des paysages à se damner…

Petit retour en arrière…

J’ai donc quitté Ballarat vendredi après-midi. Toute la famille m’a accompagné à l’aéroport, ça m’a beaucoup touché. Magnifique collier en argent en cadeau, des embrassades et des mots d’encouragements. Tout n’a pas toujours été simple, mais je suis heureuse de partir en bons termes avec eux. Et comme je l’ai déjà dit, heureuse de cette expérience. Je sais qu’ils ont trouvé la personne idéale pour me remplacer et ça me réconforte.

J’arrive à 18h15 dans le hall, mon avion pour Sydney est à 20h, j’ai donc pas mal de temps devant moi. J’enregistre mes bagages au guichet d’une machine qui pour une fois marche vite et bien! Merci Qantas. Par ailleurs le service aura été plus qu’irréprochable et je ne regrette pas d’être passée par eux. Mais bon, les galères peuvent quand même commencer (oui il en faut toujours dans les aéroports, avec moi c’est la règle…). Je fais passer mes 2 bagages en soute. Et là c’est le drame (non ce n’est pas le drame, c’est juste pour la forme!). Pas possible de prendre ma valise en bagage à main. Trop lourde, trop volumineuse m’explique l’un des douaniers avec le sourire. Son collègue arrive pour nous prêter main forte et trouver une solution. Mon sac à dos est assez léger pour passer en bagage à main, ma tente peut passer en soute sans frais, et je peux faire passer la valise avec et garder mon ordi avec moi. Tout va bien, tout est bon. C’est ce que je pense, et c’est aussi ce que me dit le gentil douanier souriant en faisant passer mon sac à dos au scanner pour être sur que je puisse le prendre avec moi. Il n’a pas du faire bien attention. J’ai du perdre la mémoire, ou reléguer cette info bien loin dans ma tête dans la liste des choses pas prioritaires. Bref, deux bouteilles de vin et un foie gras dans le sac à dos censé rester avec moi.

Pas de souci à Melbourne, tout passe sans problème (va savoir pourquoi!), et puis arrivée à Sydney c’est la catastrophe. Que dis-je le drame! (bon allez j’y ai droit à mon “drame”…). Le douanier trouve les bouteilles (et là pour le coup j’ai pas droit à un douanier souriant ni sympathique, mais plutôt de ceux qu’on aimerait tarter à grand coup de marteau dans la face). Il passe toutes mes affaires au scanner, pyjama compris…ou plutôt à part, dans un petit bac séparé. Attention c’est dangereux un pyjama!! Ce qui me donne au départ un demi-sourire, qui passe vite au quart de sourire quand je le vois mettre mon foie gras de côté. Puis plus de sourire et panique. “S’il vous plait, c’est mon seul cadeau, laissez moi au moins celui là!!”

“I’m sorry, it’s spreadable!” (autrement dit “ça s’étale”, donc c’est considéré comme liquide). Et là je perds patience. Je lui donne un petit cours de cuisine française. Non un foie gras n’est pas “spreadable”, ce n’est pas du pâté bon sang de bonsoir!! Ils ne savent absolument pas ce que c’est. J’en viens à lui décrire ainsi qu’à sa collègue la façon de manger le foie gras, pour bien lui montrer que ce n’est en aucun cas liquide et que ça se mange par gros morceau. Au moins j’aurais donné un cours de savoir-vivre gastronomique à des douaniers. Sa collègue me regarde et me dit qu’elle va demander à sa responsable. A se demander combien de responsables et de collègues ils doivent interroger avant de pouvoir prendre une décision. Et finalement pas de grosse surprise, refus. Je les maudis, je me maudis. Et je me dirige vers ma porte d’embarquement en longeant les boutiques du duty free. Remplies de bouteilles de vin qui semblent me narguer… J’imagine les douaniers en fin de journée récolter le pactole et se faire un bon festin. Je me console en les imaginant étaler le foie gras comme des sauvages. Hum…maigre consolation. Je me maudis encore.

20h00, l’avion décolle. C’est la première fois que je vois un embarquement se faire en 5minutes chrono. Départ à l’heure, consignes qui s’enchainent à une vitesse folle. Tout est parfait. L’hôtesse arrive à côté de moi : “mademoiselle, ce sera comme d’habitude?” Non évidemment ce n’est pas ce qu’elle demande. C’est mon imagination qui me joue des tours. Je demande ma petite bouteille de vin blanc, fidèle à moi-même. Ça m’aidera à passer le temps. Je me remémore la scène de “Bride Maides” dans l’avion (“Mes meilleures amies”). J’ai trouvé que le film versait dans la vulgarité bien facile et bien grasse. Trop même. Mais certaines scènes m’ont tout de même bien fait rire, dont celle là : une des demoiselles d’honneur qui déteste l’avion en vient à mélanger alcool et médicaments pour décompresser, et finit dans un état pitoyable. Est-ce que vous avez déjà imaginé ce que vous feriez dans un avion avec trois verres de trop? Imaginez, je vous promet ça occupe le temps et vous aide à rigoler tout seul (une activité que je réussis toujours assez bien). Bref, je me voyais me mettre derrière l’hôtesse de l’air et faire des grimaces ridicules pendant qu’elle fait sa démonstration. Ou crier “chauffeur, un looping!!” après chaque annonce du commandant. Ou encore aller en classe affaire et sauter sur les sièges en criant “mort aux bourgeois!!!!!”. Bon d’accord, je suis seule et je n’aime pas les trajets en avion toute seule, ça ne doit pas aider mon mental. Passons…

Arrivée à 22h25 à Sydney. Après un repas léger mais suffisant, et ma petite bouteille de vin blanc légère mais suffisante aussi, je suis pas mal fatiguée. Je me pose sur un fauteuil et m’installe en mode “racaille d’aéroport”. Capuche sur les yeux et affalement qui donne mal au dos après 1heure. Je sympathise avec un argentin, et on échange un peu sur tout et n’importe quoi dans un joli mélange d’anglais et d’espagnol. Puis finalement je tombe raide à une heure du matin. Le comptoir d’embarquement ouvre à 4h30, je suis debout et presque en forme.

Départ à 8h15, trois quarts d’heure de retard. On ne peut pas tout avoir… J’arrive à midi et des brouettes à Nouméa. J’imagine Nico en train de s’impatienter dans le hall de l’aéroport, je récupère mes affaires et marche au plus vite vers la sortie. Ben non bibi, tu croyais quoi là? Allez hop, rebelote, passage à la douane. Sortez moi votre équipement de camping et de sport. Les chaussures c’est réglo, le matériel de snorkelling idem. Mais la tente, ça va pas. Coup de désinfectant, léger sermon du douanier et petit discours sur l’importance de ne pas ramener de terre, de préserver le patrimoine, et un petit truc sur la mondialisation, parce que c’est vraiment pas bien et pas gentil la mondialisation. Et bien oui, on aura tout eu. Les douaniers ignares, et les écolos râleurs. Bon merci Monsieur, c’est promis je laverai toujours ma tente après un week-end pluvieux, quand je penserais à laver mes chaussettes et à ranger mes affaires moins de 96heures plus tard.

Bon c’est fini maintenant, on peut profiter??

Oui, c’est bon, tout est en ordre. Maintenant on se lâche et on profite sacrebleu!!!

Samedi 12 mai :

Soleil radieux mais la fatigue l’emporte un peu sur la motivation. On va quand même à la plage à 17h profiter du coucher de soleil, évidemment superbe. Dégustation de ma première “number one”. (peut-on vraiment parler de dégustation?) Enfin, c’est traditionnel ici, c’est le pack de number one qui est à l’honneur quand on sort.

Et une belle grosse soirée pour nous achever définitivement. Quelques verres chez un adorable copain de Nico avant de retrouver Hugo et d’autres couchsurfers au célèbre bar le “bout du monde”. Fin de soirée dans un bar dansant ambiance bord de plage puis on rentre tranquillement à la maison.

Dimanche 13 mai :

L’après-midi sera consacré à la découverte du Kava. C’est une boisson à base d’une racine originaire du Vanuatu. Cette décoction est en vente et en consommation libre en Calédonie. On boit le kava dans un lieu appelé le Nakamal. Tout le monde se mélange dans une ambiance très sereine et agréable. Nous irons dans un nakamal à nou-ville, en bord de plage avec quelques tables de bois, un feu et un très beau coucher de soleil.

Là encore on ne peut pas vraiment parler de “dégustation”… Je suis toujours très fascinée par ce genre de rituel. Parfois j’aime vraiment beaucoup ça aussi. Au Burkina Faso j’adorais boire le dolo. Ce qui amusait beaucoup mes amis de l’association de Ouagadougou. Beaucoup de gens de passage en boivent une fois et passent à autre chose, mais moi j’étais presque devenue accro à ce petit rituel sympathique de la calebasse de dolo à partager. En Uruguay je buvais beaucoup de maté aussi. D’ailleurs j’étais persuadée que le Kava se rapprochait beaucoup du maté. J’avais tort. Si le maté est assez amer et fort, ça se laisse boire, et ça se déguste tranquillement. Le gout du kava est franchement infect. On le dit assez ouvertement par ailleurs, ce qui m’a surpris au départ, persuadée que les gens qui étaient en train de le servir aller se vexer. Non, ça ne se boit pas pour le gout mais pour l’effet qu’il procure. A savoir la détente. Et ça marche vraiment. Léger effet anesthésiant aussi. Dès le premier je sens ma langue gonfler, ça fait assez bizarre. Mais ça décontracte aussi beaucoup, en tout cas ça marche bien pour moi. J’arrive à boire les suivants plus rapidement, mais le “cul-sec” reste un peu difficile!

Une belle occasion aussi d’échanger avec les amis et de parler de tout et n’importe quoi. Cet après-midi là ne sera pas consacré au “tout et n’importe quoi”, mais plutôt aux gens et à la culture de Nouvelle Calédonie. Damien, l’ami de Nico qui partage le kava avec nous m’explique à quel point c’est important d’être renseignée et de comprendre au mieux la culture d’ici.

Kanak, Canaque, Mélanésien

“kanak’”, francisé en “canaque”, est un mot d’origine polynésienne signifiant “homme”. Il était utilisé par les premiers colons européens pour dénommer les habitants de la région. Considéré comme péjoratif il a été remplacé au 19e siècle par “mélanésien”, terme inventé par les scientifiques européens pour désigner les peuples indigènes à peau noire de Mélanésie. Dans les années 70 les calédoniens noirs se sont réapproprié et ont imposé les termes “kanak” et “kanaky” pour exprimer l’identité nationale et culturelle de leur peuple.

Caldoches et métropolitains

En 1860, au début de la colonisation, on recensait 578 européens dans l’archipel. En 1996, ils représentaient 34% de la population (78000 en 2004). Ces européens sont partagés en 2 groupes : les caldoches, nés en Calédonie, et les métropolitains, surnommés “métros”, “zoreilles” ou “zors”, arrivés récemment de France.

D’autres communautés se rajoutent à celles-ci, telles que les Wallisiens, Tahitiens, Antillais…

On discute du climat politique et des quelques soucis qu’on peut rencontrer en Nouvelle Calédonie. En premier lieu, l’alcool. Les mélanésiens boivent beaucoup, ou plutôt comme je l’entends de beaucoup de gens “ne savent pas boire”. Soirées qui tournent mal, agressivité… La vente d’alcool est interdite passé le vendredi midi. Il est recommandé de ne pas “trainer” dans des quartiers peu fréquentés et seul dans Nouméa. Et de faire très attention avec la conduite de nuit. Ce que je ne tenterais même pas…

La discussion se finira assez tard. Il me tarde déjà de renouveler l’expérience. Peut-être dans un nouveau nakamal, pour pouvoir comparer les différentes atmosphères et kavas (qui peuvent être très différents d’une place à une autre)

La soirée est consacrée à la récupération de mes 4kilos perdus en Australie récemment. Bon, je ne récupérerais pas tout ce soir là, mais j’ai au moins l’intime conviction que la Nouvelle Calédonie va m’aider à oublier la nourriture australienne! Petit restaurant avec Nico et sa copine Aernie qui a la gentillesse de m’inviter. Mahi-Mahi (poisson) sauce vanille et sa purée maison, suivie d’une belle assiette de profiteroles. On ne se refait pas, et surtout pas au bout du monde! :-) Poisson délicieux, et dessert (mon préféré pour ceux qui ne le sauraient pas!) qui passe bien sûr tout seul!! Un vrai bonheur…

Lundi 14 mai : une journée extraordinaire!

J’avais prévu de faire le tour de Nouméa et d’aller au centre culturel Tjibaou. Je garderais ça finalement pour une prochaine fois. Le temps s’annonce très beau et j’ai très envie de ressortir mon matériel de snorkelling. Direction l’anse-vata, secteur de Nouméa d’où l’on prend les fameux taxi-bateaux pour rejoindre les îlots. J’ai choisi d’aller sur l’île aux canards. En premier lieu car c’est la plus accessible, notamment financièrement. Il y a un parcours sous-marin relié par 5 bouées, reliées elles-mêmes à des panneaux donnant des indications sur la faune et la flore, gratuit. Très sympa.

Lorsque j’arrive au faré (petite case ouverte) qui sert d’embarcadère, il est 8h15 du matin et la plage est déserte. Pas de touriste. Pas de vent, température agréable mais peu de soleil, ce qui dissuade certainement les gens d’arriver tôt. J’ai le taxi-boat pour moi toute seule. Trajet de 5minutes, l’îlot est vraiment près. L’un des amis du capitaine qui travaille aussi sur l’île aux canards et qui a embarqué avec nous remarque tout à coup : “ah ben tiens, voilà une vache dans l’eau!”… je me redresse et hurle littéralement : “QUOI??” Ils m’expliquent ce que c’est, ce que je savais déjà bien sûr et qui m’a fait bondir sur place. La vache de mer, appelée aussi vache marine, soit…dugong! Oui, l’animal que je rêve de voir depuis l’Australie! Je regarde partout, mais bien sûr plus rien. Je suis déçue. Le capitaine amarre le bateau, se tourne vers moi et m’explique comment le retrouver. Rester sur la plage, attendre 5minutes au moins, fixer l’eau. Il me montre l’axe dans lequel il l’a vu et me dit de continuer à fixer ce coin là. “il va revenir c’est sûr, regarde bien”. Puis lui repart. Je reste sur la plage, l’îlot est désert, il n’y a que la serveuse du seul restaurant de l’île que je j’ai croisé de loin.

Je fixe l’eau pendant plusieurs minutes, et je finis par voir une grosse tache sombre se rapprocher. Assez près de moi. Puis enfin son énorme museau sort de l’eau, suivi d’un bout de son dos gracieusement sorti de la surface de l’eau. Vraiment incroyable! Mi-vache mi-baleine! Je le retrouverai encore une autre fois un peu plus loin.

Je me dis que c’est une occasion en or. Je n’ai pas mon maillot sur moi mais ce n’est qu’un détail. Je pourrais sauter à l’eau et le retrouver aisément. Le dugong est joueur et apprécie la présence de l’homme, quand ce ne sont pas 20 personnes qui se précipitent sur lui comme me le racontait un des employés du faré avant qu’on embarque. Une maman et son petit ont été aperçus récemment. Il y avait plusieurs kayakistes à ce moment là, un bateau avec un groupe de touristes ainsi que des plongeurs. Tout ce beau monde s’est précipité pour les approcher, et les ont finalement fait fuir.

Il y a quelques règles à connaitre, dont une qui est la même pour tout les animaux sauvages et que j’avais déjà entendu pour les dauphins et les phoques : on ne les touche pas, même si eux nous touche. On évite de plonger seul. On évite de se retrouver en dessous de lui, l’animal pouvant facilement nous entrainer vers le fond.

Il ne me faut pas 5minutes de réflexion et de lucidité pour comprendre que ce serait du suicide. Je suis seule et n’ai aucune expérience de l’apnée, si ce n’est les parties de rigolade à la piscine étant enfant, quand on fait des concours (que je gagnais souvent ceci dit, zut). Mais rien qui me permette de nager avec lui en profondeur et surtout de me tirer d’une situation dangereuse. Je renonce et je le regarde s’éloigner. Quand j’en parle au capitaine sur le trajet du retour, il hausse les épaules puis secoue la tête. “Non c’est pas une bonne idée du tout. Les gens ici font déjà n’importe quoi” S’en suivra quelques histoires de gens entrainés quelques mètres plus bas dans les profondeurs par un dugong trop joueur qui se saisit des palmes ou pousse le nageur sans beaucoup de ménagement. Et l’histoire tragique d’une jeune femme entrainée à 30 mètres de profondeur à Mayotte, par une espèce de dauphin dont je ne me rappelle plus le nom. Quoiqu’il en soit ça fait réfléchir… Je suis déjà heureuse de ce joli moment. Si j’arrive à nager dans un environnement sécurisé et à en voir un de plus près encore je serais plus heureuse encore bien sûr. Mais là j’ai de nouveau eu droit à un vrai coup de chance, j’en suis consciente donc pas de regret!

J’aurais nagé trois fois en PMT (Palmes Masques Tuba) ce jour là, en voyant chaque fois des poissons différents. Une première fois au hasard, puis les deux suivantes en suivant le parcours sous-marin. J’ai appris en fin de journée qu’il existait une plaquette répertoriant les poissons qu’on peut trouver sur place. J’essayerais de me la procurer et de mettre quelques photos en lien.

Mardi 15 mai, derniers achats pour le camping, notamment mon nouveau sac de couchage, un vrai compact, tout confort et surtout pas cher! Comme quoi on peut trouver des choses pas chères ici. (Pour ceux qui se demanderaient quoi, la liste est très rapide : le pain, l’essence, la plongée et la location de matériel de kite-surf sont les rares choses moins chères qu’en France…et le permis moto dixit Nico. Je le crois sur parole). Vous trouverez une photo d’un pot de nutella avec le prix en dessous. Je vous laisse faire la conversion…

Puis quelques petites heures passées au snack d’Aernie. Retour à mon premier job d’étudiante, souvenir souvenir :-)

Départ demain pour dix jours de voiture avec mes deux comparses couchsurfing. Nous allons faire le tour de la Grande Terre, à savoir le grand tour de l’île principale. Au programme, visite de mines, grottes, randonnées, cascades… Je ne suis pas mécontente de prendre un peu la route toute seule demain matin et de gouter un peu de liberté avant de retrouver les filles. Le plaisir de conduire perdue en brousse, un peu de solitude… Retour le 25 mai, et départ le 26 pour l’île des Pins et mon anniversaire, qui devrait être mémorable!

Les posts qui suivront seront donc comme celui-ci plutôt très très longs, et très espacés aussi. Je profite à fond, je me retape, me repose et savoure. Ça devenait urgent!

Bises à tous, et à bientôt!

Iris