Sydney is burning

Blue Mountains

Les petits plaisirs simples…

Vous savez bien. ces petites choses quotidiennes, ces petits plaisirs qu’Amélie Poulain aime tellement cultiver?
“Amélie aime bien bien faire des ricochets le long du canal Saint-Martin”…
Moi j’aime bien trainer au lit avec un énorme petit déjeuner sur les genoux et un CD que j’aime bien. Bref, là n’est pas la question ni le fond du sujet.

A quel âge se découvre t-on ces petits bonheurs, à quel âge apprend t-on à les voir et à les cultiver?

Je pense à ça depuis quelques jours. Depuis mardi très précisément.
Nous avons été invités pour le mariage d’un couple d’amis le week-end passé, rencontré par couchsurfing en décembre.
Il y avait en guise de décoration et de petits cadeaux pour les invités des grosses sucettes en chocolat. Des grosses sucreries qu’on laisse fondre dans le lait avant de croquer dedans.
Je ne connaissais pas le principe, mais c’est tout simple, joli et drôlement bon. On a pu en récupérer quelques unes supplémentaires à notre table (de vrais vilains, oui!)
Je les ai mises de côté sur la table de chevet de mon appartement, sans plus trop y penser. Puis le lundi soir je me suis dit que ça ferait une belle surprise aux enfants.
Donc après le groupe d’échanges du mardi matin, nous sommes rentrés à la maison. Je leur avais dit auparavant qu’il y aurait une surprise l’après-midi…
Nous voilà donc installés à table après le temps calme du début d’après-midi pour un gouter spécial. Je fais chauffer leur verre de lait, et sort toute contente mes sucettes de mon sac.
Je les vois un peu interloqués, fixant les sucettes sans comprendre : “c’est quoi?”
“C’est du chocolat!” Et je leur explique le “comment” savourer le chocolat avec le lait. Ils attrapent la sucette sans un mot et la dévore. Je retourne à la cuisine, puis 30 secondes plus tard arrive le plus âgé :
“Hey, est-ce qu’on peut sortir la machine à pop-corn? On veut du pop-corn”
Je suis complètement abasourdie. Je lui explique qu’ils viennent de manger du chocolat et que c’est assez. Il insiste et me dit qu’il a faim. On a mangé deux heures avant, on mange le diner dans pas très longtemps. Ca ne change rien. Il est complètement déçu.
Et le lendemain dans le bus il me demande qu’elle était la surprise d’hier. Je suis vraiment larguée. Je lui dis : “Et bien c’était le gouter d’hier. Tu sais les sucettes?!”
“Ah bon c’était ça…” Mine déconfite, il se tourne vers la fenêtre du bus et ne dis plus rien. Et moi non plus, je suis perdue dans mes pensées…et ma déception.

Je me rappelle des souvenirs d’enfance de ma mère, qui m’expliquait que venant d’un minuscule village et d’une famille nombreuse où on ne gatait pas les enfants à outrance toutes les semaines, les jours où elle et ces frères et soeurs pouvait s’offrir une grenadine dans le petit café du village était une véritable fête.
N’ayant jamais manqué de rien, j’ai quand même savouré ces petits moments où je comptais les pièces dans le creux de ma main pour aller acheter un paquet de bonbons à la fin de la semaine. C’était pour les copains de l’école. Moi je n’ai jamais aimé ça mais ce n’est qu’un détail.

Je me souviens aussi du bonheur de savourer un paquet de pop corn devant le film du mois qu’on attend tellement au cinéma. Ou du pop corn maison qui fait tellement de bruit en explosant dans la casserole qu’il fait rire les enfants. Ou peur!
Une machine à pop corn? Pardon?
Oui, sans doute. Assortie à l’écran plat et à la gigantesque collection de films et dessins animés qui tournent dès le matin. Je ne suis pas un monstre bien sûr, on a ressorti la machine le soir.

Je ne vois rien qui pétille dans leurs yeux. Pas d’émotions devant la foule de cadeaux qu’ils recoivent plusieurs fois par semaine. La grand-mère qui habite à 2 kilomètres vient plusieurs fois par semaine et rentre toujours avec un jouet sous le bras. Déballé à la hate, utilisé une journée puis abandonné quelque part dans la maison. Les parents s’y mettent aussi de temps en temps bien sûr.
Je crois qu’on peut souffrir autant de manquer de cadeaux que du fait de trop en recevoir. Evidemment cette souffrance ne se ressent pas vivement. Mais je suis sure que le fait de ne pas savoir apprécier les petits gestes, les petits présents, peut un jour devenir quelque chose de bien triste. Je n’évoque pas un “c’était mieux avant”, ou “c’est mieux dans mon pays”. Non je crois que c’est bien de l’enfance dont il s’agit, qu’elle que soit la culture, l’époque ou l’endroit où l’on vit.

Je n’ai jamais quitté un emploi avant l’heure. J’ai toujours tenu bon, pas par principe du contrat mais parce que j’ai toujours fais le maximum pour m’accrocher. Je n’ai jamais laissé une équipe en difficulté, même quand je me suis retrouvée seule à bosser avec mon projet théâtre pour les enfants à Toulouse. Et que j’essuyais toute les critiques faciles de la direction épuisée qui ne comptait plus les démissions des animateurs. Même à Québec quand je collectionnais les gardes de nuit et les journées sans fin qui pesaient sur mon moral.
Mais là je réfléchis, et je me demande jusqu’où je peux tenir dans un job qui va à l’inverse de mes principes. Non pas que je tiens à refaire une éducation, ni même deux. Mais c’est seulement que ces enfants là je voudrais arriver à les tenir dans mes bras et jouer avec eux. Avoir une vraie complicité. Au lieu de quoi je les vois se rouler par terre pour obtenir ce qu’ils veulent (on utilise souvent l’image, ici ce n’est pas le cas ils se jettent réellement par terre) et hurler pour un oui pour un non.
Alors je compte les heures, en essayant de ne pas compter les tasses de café.
En savourant mon chocolat du soir. Petit plaisir simple.

Comptons les moutons à présent…

Un tour du monde animalier

Ca me trotte dans la tête, ça n’en sort pas, ça me questionne beaucoup. Et surtout ça me fait terriblement envie.
De quoi aurais-je besoin? Où, quand, comment?
Mais surtout : comment ça a commencé? Et ça je suis incapable d’y répondre. Incapable d’interpréter cette fichue fascination qui me pousse à fouiller les forums, éplucher internet, me renseigner sur tous les endroits du monde possibles et inimaginables.
Plus c’est bizarre et plus j’aime ça. Les paresseux, les ornithorynques, les cochons barbus et autres nasiques. Bornéo, Colombie, Australie…J’ai besoin d’aller partout et de tous les voir. Et il m’en manque encore beaucoup!
Alors un jour j’y mettrais les sous. En premier lieu dans un appareil photo digne de ce nom. Puis dans quelques billets d’avion supplémentaires. De la Colombie jusqu’au Costa Rica pour attraper mon premier paresseux (merci Héloise de me rappeler ça aussi souvent, veinarde!). Puis peut-être encore un gros bout d’Indonésie pour Komodo et ses varans, pour Bornéo et toutes ses espèces incroyables. Puis qui sait, encore l’Afrique?

En attendant il y a l’Australie. Ses fonds sous-marins de toute beauté. Et ses bestioles!
Voilà notamment les trois plus gros projets qui me donnent l’envie de me lever tous les matins et de mettre des sous de côté :

-Mon ami-pas-chanceux le dugong (ou vache de mer). Plus grande colonie du monde à Shark Bay…et surtout la possibilité de les approcher.

-Le dragon de mer. Deux spots particulièrement intéressant : Eaglehawk en Tasmanie, et la péninsule Mornington pas très loin de chez nous.

-Et enfin Baird Bay. Très importante colonie d’otaries, et également pas mal de dauphins. Et au milieu sur la photo une jeune fille qui sera moi dans quelques semaines si tout va bien :-)

En attendant, quelques photos supplémtaires de drôles de bêtes observées dans le jardin botanique de Ballarat.
Dont une d’un canard vraiment très particulier (regardez-bien il sourit!). Un genre de collerette sous le bec, queue palmée en accordéon, on ne peut plus étrange… Chouette n’est-ce pas, encore un pour moi…mais ça ne répond pas à la question : c’est quoi au juste??

A l’école du sourire et de la patience…

…Me voilà installée au premier rang, bien évidemment :-)

Une première semaine de passée en observation (et beaucoup de boulot quand même!), deux jours de travail et beaucoup de choses à raconter bien sûr.

Je suis donc arrivée le dimanche 18 mars. J’ai passé ma première journée avec Kelly et un seul des enfants, puisque le plus jeune était à l’hopital à cause d’une crise d’asthme. Elle est débordante d’énergie, très souriante et plutôt bavarde. On s’entend bien, en tout cas pour le moment les choses se déroulent pas trop mal avec eux. Je m’entends particulièrement bien avec Grant, le papa, vraiment adorable. Et tout sourire aussi. C’est vraiment plaisant.

J’ai passé les nuits de ma première semaine dans la chambre de jeu. Et là j’ai compris pourquoi certaines au pair craquaient, passaient d’une famille à une autre et ne supportaient plus le boulot. Pas de coupure, les pleurs des enfants dans la nuit, réveil très tôt…
Quand je travaillais à l’Arche à Québec (logée nourrie sur mon lieu de travail) j’ai eu parfois ce sentiment d’oppression, mais le fait d’avoir nos chambres à l’étage facilitait quand même grandement les choses (tout notre temps de travail se déroulant au rez de chaussée).
Les au pair ont souvent leur chambre à côté ou très près de celles des enfants. Je ne suis pas sure que j’aurais bien vécu la situation sur plusieurs mois…

Puis me voici donc maintenant installée dans mon “appartement” depuis samedi dernier, c’est à dire un garage adjacent entièrement aménagé et rénové. C’est superbe, et je suis tellement contente d’être enfin installée quelque part!

Alors évidemment le sujet le plus intéressant : les enfants! Je m’occupe donc de 2 petits garçons. Ashton a 3 ans et Brock en a 4.
Les débuts ne sont pas si faciles. Sur toute mon expérience avec les enfants, ce que j’ai de moins expérimenté c’est le baby-sitting. Et c’est quand même ce qui s’en rapproche le plus. Avec tout l’aspect éducatif à prendre en compte. Je ne suis pas employée sous le titre d’au-pair, mais de nanny (soit nounou), ce qui fait que je passe la majeure partie de mes journées avec eux.
Les lundis et jeudis c’est kindergardens toute la matinée plus le repas du midi. Les mercredis et vendredis sont journées libres (avec eux bien sûr!)
Le mardi c’est le jour du “multicultural playground”. Des Mamans et enfants de toutes nationalités se retrouvent pour échanger, parler, jouer ensemble. On prend le repas du midi en commun, c’est très sympa et enrichissant.

Pour ma petite routine quotidienne : je commence le travail à 7h45. Je prends mon petit déjeuner avant, vu que j’aime bien prendre mon temps le matin et qu’avec les enfants ce n’est pas trop le bon moment de la journée pour ça. Puis j’aime bien profiter de mon joli chez-moi et surtout de ma cuisine!
Je les emmène pour 9h au kindergarden, ou alors nous prenons le bus à peu près à la même heure pour aller en ville, se promener, aller à la bibliothèque, au parc, etc…
Repas à midi, puis temps calme l’après-midi et/ou jeux à l’extérieur (immense jardin tout autour de la maison). Les parents rentrent à 17h30. Fin de mon travail. Je donne tout de même un coup de main pour la vaisselle et je mange avec eux.
Je parlais tout à l’heure d’aspect éducatif à prendre en compte. Je devrais plutôt écrire “à ne pas prendre en compte”.
Je ne suis pas là pour passer les dix prochaines années de ma vie avec eux. De mon côté je dois prendre beaucoup de recul pour accepter des choses qui ne cadrent pas du tout avec mes opinions et valeurs éducatives. De leur côté eux doivent s’habituer à moi, et se faire tout de même à l’idée que je fais figure d’autorité, même si je n’ai pas à remplacer la maman. Ce n’est pas facile.
Pour beaucoup d’enfants les nannys sont des jeunes filles débarquées de je-ne-sais-où et qui sont là pour répondre au moindre de leur désir. Parfois, il faut le reconnaitre, à cause des parents (on ne compte pas le nombre de récits de filles employées à tout faire, et surtout ce qui n’est pas dans leur contrat. Un peu bonne de maison)
Bref, je dois calmer un bon paquet de caprices dès le matin et constamment recadrer des choses. Par exemple les faire rester à table relève de l’impossible, notamment parce que ça fait partie des choses qui n’ont pas trop d’importance aux yeux des parents. Ceci étant, quand un petit-déjeuner prend une heure parce que les enfants font des aller-retours entre la chambre et la cuisine, j’ai du mal…
Alors je ferme les yeux. Kelly m’a dit : “ce que j’attends en rentrant du travail, c’est de voir la maison à peu près rangée, mais surtout mes enfants heureux. C’est le principal”. Pour moi aussi. Je vais composer avec ça.
Au moins c’est un fil conducteur solide et qui se tient. Je devrais pouvoir m’y tenir et le respecter.

Jeudi dernier nous avons été mangé au restaurant tous ensemble. Pour dire au-revoir à Irena, l’italienne qui a passé les six premiers mois de son PVT ici (je viens d’apprendre que finalement beaucoup de monde en PVT se retrouvent à faire ça. Hasard?), et pour me souhaiter la bienvenue.
J’ai trouvé la démarche vraiment adorable, et nous avons passé un bon moment. J’ai gouté mon premier “parma” (encore un plat hautement diététique, composé de pané de poulet, fromage et sauce tomate. Ceci dit c’est vraiment très bon), mais surtout mon premier Pavlova. Et là, promis juré craché (mais pas le pavlova), je ne critiquerai plus jamais les patisseries australiennes…ou néo-zélandaises, puisque les deux pays se disputent le titre d’inventeur! Quoiqu’il en soit, les australiens en mangent et ça me plait!!

Pour la petite parenthèse culino-culturelle :

La pavlova est un dessert à base de meringue nommé en l’honneur de la ballerine russe Anna Pavlova[1]. Il est croustillant à l’extérieur et mou à l’intérieur et souvent décoré de fruits posés au-dessus.

Le dessert a été inventé après un voyage de Pavlova en Australie et en Nouvelle-Zélande. Les deux pays revendiquent l’invention de la pavlova[1], ce qui est source de conflit.

Le dessert est très populaire et forme une importante partie de la gastronomie des deux pays, étant fréquemment mangé pendant des célébrations telles que le repas de Noël.

:-) Une merveille! (et à priori pas trop difficile à faire à la maison. A bon entendeur!)

En ce qui concerne Ballarat, pas grand chose à dire. C’est une ville jolie, bien que pas exceptionnelle. Des jolis bâtiments sur deux grosses rues qui se croisent. Mais pas mal de cafés et surtout un grand cinéma. Ça devrait être suffisant pour faire mon bonheur! Pas encore de photos de la ville, mais j’ai déjà eu le temps de visiter le jardin botanique et de faire le tour du lac. Photos à suivre dans un prochain post.

Voilà, je suis pas mal fatiguée le soir, mais ça y est j’ai mon premier travail et c’est vraiment rassurant! Ainsi qu’un toit et une famille qui apprécie mon travail et ma présence (j’ai déjà des retours positifs). C’est plutôt bon signe!

A suivre…

Ballarat et “ma ruée vers l’or”

Nous sommes accueillis cette semaine par un gentil couple de hongrois et leurs deux adolescentes. Situation assez amusante, ils partent en Europe à la fin de la semaine et seront hébergés par mon frère à Bordeaux…C’est d’ailleurs lui qui m’a mis en contact avec eux. Heureusement car il était tout bonnement impossible de trouver qui que ce soit par Couchsurfing cette semaine, et les rares requêtes envoyées sur Bewelcome n’ont pas abouti.

Alors comment dit-on “merci” en hongrois? Oui c’était quand même mon dernier voyage avant d’arriver ici (si on met de côté l’Indonésie), mais rien à faire je ne m’en souviens pas. C’est encore François qui me rafraichit la mémoire. “köszönöm” (qui se prononce “keu-ce-neum”, littéralement “je remercie”) ou encore “köszönjük” (keu-ce-nyuque, nous remercions). Je fais un essai hier soir. Plutôt réussi puisque “wow, my pronunciation is really good!”. Je suis assez contente sur ce coup là. (puis j’avais eu la même en cours d’anglais à Sydney en échangeant avec un polonais qui était tout sourire quand je lui ai parlé de “zubrowka” avec une vraie prononciation polonaise. Rien ne m’arrête, héhé! :-)

Mais alors qu’est-ce qui se passe avec Ballarat? Impossible de prononcer ce fichu nom. Là pour le coup j’ai droit à des éclats de rire un peu plus vexant (mais non je ne me vexe jamais pour si peu). Une fois, deux fois, trois fois…”bon, tu vois là, la ville à une heure de Melbourne, la ruée vers l’or…” “Oui, Ballarat!” “Heu, c’est ce que j’avais dit non?” Non. Bon tant pis.

Alors qu’est ce qu’on y trouve à Ballarat? Puis ça ressemble à quoi et c’est où?

Je suis sympa, je vous met le lien en français : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ballarat

Et une petite carte pour aller avec :

Bon, tout ça ne répond pas à la question, il s’y passe quoi à Ballarat, à part des ruées vers l’or? Réponse : mon premier job en tant qu’au-pair! Ça y est j’ai trouvé une famille pour m’accueillir. Ou plutôt c’est elle qui m’a trouvé…

J’en étais à mes deux contacts et entretiens qui s’étaient bien passés. Avec quelques petites hésitations que les jours suivants m’ont permis d’identifier. Trois enfants, c’est trop. Ok j’ai de l’expérience en animation, avec des petits groupes comme des gros, et un peu de baby-sitting derrière moi. Il n’empêche que dans une maison, avec une routine quotidienne et des taches en plus, ça change la donne (mais si je ferais une super maman, c’est juste que là ce ne sont pas les miens, on est d’accord?).

Puis ensuite j’ai appris à repérer moi-même ce qui ressemble de près ou de loin à de l’exploitation. 45heures par semaines, c’est quand même énorme quand la paye ne suit pas…(Oui je parle beaucoup et souvent d’argent, quand on rentrera de notre périple à travers l’Océanie je vous raconterai pourquoi…). La paye je m’y ferais. Elle me convient. Elle ne varie jamais beaucoup d’une annonce à l’autre, mais je la trouve correcte. Puis en voyage je ne dépense pas de la même façon. Pas ou peu de fringues, moins de resto, pas de bouquin, beaucoup plus de stop et de camping… Bref, je vais me débrouiller. En tout cas 35heures, c’est une routine normale. Plus, ça devient de l’exploitation.

Les vacances…J’ai lu dans presque toutes les annonces “4 semaines de vacances payées pour 12 mois”. D’accord, donc pour 6-8 mois je dois pouvoir avoir une ou deux semaines quand même. Oui pas de souci. Mais sans paye. Ah bon! D’accord (ça c’est ce que je réponds, pas ce que je pense)

Je me sens un peu mêlée (y’a rien à faire, je me sens toujours mieux avec mes bonnes vieilles expressions québécoises!). Puis je reçois ce mail de cette maman de Ballarat, qui cherche quelqu’un pour la fin du mois. Je la remercie puis lui explique que j’ai besoin de quelque chose qui commence bien plus tôt que cela. Je n’ai pas de logement, Sébastien a finalement trouvé du travail à Melbourne et nous jonglons entre Helpx et Couchsurfing. Elle me répond le lendemain matin en m’expliquant que ça tombe plutôt bien puisque la personne qu’ils ont en ce moment cherche à déménager à Sydney et aimerait partir plus tôt. On aura finalement une entrevue par skype, ma troisième. Et la plus décisive!

Elle a deux enfants de 3 et 6ans, travaille beaucoup et son mari aussi. Mais ses exigences ne sont pas aussi importantes que pour les autres mamans avec qui j’ai échangé. Ils recherchent surtout quelqu’un pour jouer avec les deux petits et les accompagner dans leurs activités. Toujours un peu d’aide dans la maison et de cuisine, mais les horaires sont assez réguliers et peu contraignants. Toutes mes soirées et week-end de libres, que je vais passer à Ballarat et Melbourne aussi de temps en temps pour être avec Sébastien, bien évidemment! J’ai deux semaines de vacances payées, que je prends en accord avec la famille, et un genre de mini-studio tout emménagé où je vais vivre. Je trouve ça quand même plus valorisant. J’ai également eu le papa en entretien, ce que je trouve vraiment important. (j’ai surtout eu des “bonjours” et “à bientôt” jusqu’à maintenant, ce qui est un peu dommage)

Voilà, je vais donc vivre un peu avec eux dans la maison quelques jours, le temps que le studio se libère. La au-pair actuelle va commencer par me montrer un peu toutes les routines les premiers jours, puis s’en ira la semaine prochaine. Ils ont surtout proposé cette solution car ils ont compris que je n’avais pas d’endroit où rester jusqu’à ce qu’elle parte à Sydney, et je trouve ça quand même sympa de leur part! Départ pour Ballarat dimanche matin, ce qui me permet de récupérer quelques affaires éparpillées dans Melbourne, puis aussi de fêter la St-Patrick ici. Quand même!!! :-)

Je ne veux pas faire de plan sur la comète, alors je vais me contenter de croiser très fort les doigts. S’il s’avérait que ça ne marche pas j’aurais quand même “une autre corde à mon arc” (merci maman, si je t’écoute c’est plus un arc mais une harpe que je tiens!), ou disons plutôt une expérience supplémentaire, ce qui n’est pas négligeable ici. Puis devenir au-pair au moins une fois me tentait sacrément. Je veux vivre quelque chose de différent. La restauration j’ai quand même un peu connu à 18ans, la plonge, l’aide en cuisine… 5 ans plus tard c’était la vente en boulangerie pendant 2mois. Je crois que revivre ça en étant payé sous la table ne me tente qu’à moitié. Peut-être plus tard, peut-être en Nouvelle-Zélande s’il le faut vraiment. Mais pas tout de suite…

Quelques petites photos et nouvelles en début de semaine prochaine.

D’ici là…Bonne St-Patrick! :-)

Petit retournement de situation

“Un PVT c’est ce qu’on choisit d’en faire”, m’a répété plusieurs fois Sébastien. Une chose sur laquelle nous ne sommes pas vraiment d’accord.

J’ai entendu parler du PVT quelques mois avant de m’installer à Québec, il y a plus de deux ans maintenant.Ça ne m’a pas fait tilter. Je n’avais pas envie de visiter le Canada à fond, ni de bouger constamment. J’étais tombée amoureuse de la ville de Québec, et je ne voyais que ça.

Aujourd’hui si on me demandait ce que j’ai préféré au Québec, je répondrais “mes amis”. Je parlerais de tous ces gens qui m’ont ouvert la porte de chez eux, à commencer par Simon et Dominique, et ne sont plus sortis de ma vie ni de mon cœur.

Je voudrais avoir le même ressenti ici. PVT ou pas PVT. Je suis un peu fatiguée de courir partout et de chercher des plans de secours. Un peu usée de me sentir la corde autour du cou à devoir jongler entre helpx, couchsurfing, la recherche d’emploi, le choix de la ville suivante, rester ici…Parfois c’est une belle aventure, excitante, amusante. Et parfois, c’est trop. Trop de courses et de “prises de tête”.

J’aime Melbourne, mais je me suis sentie perdue en rentrant ici. Peut-être parce que justement ça faisait trop d’obligations d’un coup, de désordre dans ma tête, de choix à faire et ne pas faire… J’étais partie en Australie dans l’idée de chercher du travail en restauration. “Parce que c’est simple, que tout le monde y arrive et qu’il y a de la place un peu partout”. Maintenant j’ai l’impression de ne pas m’être écoutée suffisamment à Sydney, alors que je ne me sentais pas prête à plonger dans la ville ni à me battre contre les centaines d’autres pvtistes. J’avais avant toute chose besoin de me sentir à l’aise avec les gens. Et c’est ce qui est finalement arrivé en Tasmanie bien des semaines plus tard.

J’ai compris grâce à ma dernière mission helpx que j’avais besoin d’avancer à mon rythme, et qu’une vie en foyer me conviendrait mieux qu’un job payé sous la table et une vie avec des colocs que je n’aurais pas pu choisir.

Alors cette petite idée a germé dans ma tête il y a quelques jours. Tout doucement. Je me suis dit que oui, un PVT c’est peut-être ce qu’on a vraiment envie d’en faire…

J’ai déjà envisagé d’être jeune fille au-pair. A presque 28 ans c’est étrange. D’habitude c’est le genre de boulot qu’on fait à la sortie du bac, ou à tout juste 20 ans pour pouvoir s’évader un peu et améliorer une langue. Disons que je fais peut-être un peu les choses à l’envers.

Ou que je rattrape du temps…perdu?

Disons plutôt pas entamé encore.

Être au-pair, ce sont des avantages, et des inconvénients aussi…

Les avantages

Les langues

J’aime apprendre des langues. Ce qui est assez drôle puisque j’étais incapable d’ouvrir la bouche en cours il y a 10 ans de ça. Mais après avoir frôlé la mention au bac grâce à l’allemand (que j’ai bien l’intention de reprendre dès que possible), et avoir acquis un bon niveau d’espagnol en 4mois grâce à Assimil (et ma bonne volonté!), je commence à voir les choses différemment. Et à parler! L’anglais c’est une autre paire de manches. Mais avec laquelle j’ai bien envie de me battre…

Une vraie immersion

J’ai cette petite pointe de nostalgie en repensant à la Tasmanie et au couple qui m’a si chaleureusement accueillie. J’ai aimé cet accueil, ce partage et ce sentiment d’avoir trouvé une famille. D’être chez soi et d’être attendue finalement.

Les inconvénients

Pour commencer par le plus répandu : “c’est de l’exploitation

Oui et non. Peut-être. Je ne sais pas.

Je crois que ça peut faire partie de toute expérience et que je suis prête à prendre le risque. Sachant que je considère toujours que toute discussion est possible. Qu’il y a exploitation quand on se laisse exploiter et qu’on a vraiment pas le choix. Le choix, je saurais le faire. S’il faut mettre les voiles je saurais partir.

L’argent

Oui, il y a mieux payé. Il y a aussi moins intéressant comme job.

Je crois que depuis le Québec et la préparation de mon voyage en Amérique du sud, j’excelle dans l’art de mettre des sous de côté… sur pas beaucoup de sous.

Et en couple on s’arrange comment?

On s’arrange, tout simplement. On fait chacun sa place, et ça commence par se laisser un peu de place sur la route l’un l’autre.

Sachant que c’est provisoire, que les week-end sont toujours libres et que je peux aussi prendre un peu de vacances.

Mercredi 07 mars

Inscription sur deux sites pour au-pair.

Je ne peux pas payer les avantages proposés par le site, à savoir contacter les parents directement, avoir accès à leur site internet, galerie photo, etc… Un des deux sites est moins cher que l’autre. J’hésite, mais je n’en paierais finalement aucun. Si les parents sont intéressés ils peuvent me contacter et je crois que ça peut très bien marcher dans ce sens là.

L’avenir m’a vite confirmé que j’avais raison…

Samedi 10 mars

Aujourd’hui j’ai eu mon premier entretien. Si on peut appeler ça un entretien. Tranquillement installée sur le canapé de la maison, un thé à la main et les petites filles autour de moi. La Maman est directrice de l’association de cours de langues donnés aux enfants pour laquelle j’ai postulé pour être « assistante/nanny bilingue au-pair ».

En fait il s’agit plutôt d’ateliers de langues, puisque les enfants sont tout petits et ne sont bien sûr pas censés être bilingues ou trilingues à la fin de l’année. Mais je trouve le concept super et vraiment enrichissant. Les trois petites assistent bien évidemment aux cours. (mandarin, allemand, espagnol). Mon rôle est de parler en français le plus possible avec elles. Puis quelques petites taches en supplément, repas, un peu de ménage. Mais j’aurais aussi beaucoup de temps libre en après-midi, mes soirées et mes fins de semaine de disponibles. Ils attendent ma réponse dans quelques jours et sont prêts à m’accueillir.

Le gros inconvénient : ce n’est pas avant un mois et je dois trouver quelque chose avant. Pas pratique, bien que cette famille est vraiment super et que les échanges linguistiques m’intéressent beaucoup.

Le “moyen” inconvénient : c’est quand même assez éloigné du centre ville de Melbourne. Donc même si je peux sortir le soir, ça risque de poser problème étant donné le réseau de bus pas vraiment exceptionnel dans ce secteur…

Et ce soir j’ai reçu un mail d’une autre Maman. Qui elle a trois petits garçons. Dont un qui fait de l’épilepsie. Elle a visiblement été sensible à mon cursus professionnel au vu de son message. La routine de la maison est plus lourde, plus importante, bien que j’ai quand même toutes mes soirées et week-end de libre là encore. La paye est plus conséquente aussi. Et Le cadre vraiment idyllique (bord de plage au nord du New South Wales). Le contact passe bien pour le moment. Et le travail commencerait de suite…

Échange téléphonique demain, nous verrons bien!

En tout cas l’idée me séduit vraiment. Peut-être que ça n’aboutira pas, mais ces quelques démarches me redonnent une certaine motivation. Et une motivation certaine!

Dimanche 11 mars

L’entretien téléphonique s’est bien passé. On a quand même convenu de continuer avec Skype vu que la connexion était très moyenne, mais elle a quand même eu le temps de me glisser qu’elle trouvait que mon anglais était bon. Ça fait plaisir! :-)

J’ai parlé avec tout le monde, les enfants, le papa, et la maman. Tout ce beau monde bien sympathique, et j’ai même eu une petite visite de la (gigantesque!) maison grâce à la caméra.

Je dois encore réfléchir un tout petit peu. J’ai eu les coordonnées de leur précédente au-pair, française elle aussi à qui j’ai écrit aujourd’hui. Si ma décision de partir là bas se confirme je prends l’avion jeudi ou vendredi pour Gold Cost dans le Queensland. Ils vivent à une vingtaine de kilomètres de l’aéroport et pourrait venir me chercher. Je commencerais sans doute le lundi suivant…jusqu’à octobre si tout se passe au mieux.

Je dois donner une réponse définitive demain soir à la première, et une autre mercredi soir au plus tard à la seconde.

J’ai encore d’autres contacts de mamans intéressées (pas beaucoup de papas d’ailleurs, mais où sont-ils?) mais je pense que je vais me concentrer sur ces deux là et éviter de m’éparpiller. A moins que j’ai une proposition en or dans les prochains jours.

Tic-tac, tic-tac…

Relocalisation et stop : tout un art de voyager!

L’idée de départ pour notre année en Australie était on ne peut plus simple : six mois à Sydney, six mois sur les routes.
Un premier temps pour travailler, s’installer, gagner de l’argent, puis acheter un van avant de partir les six mois restant sur les routes.
Rien ne s’est tout à fait passé comme prévu. Et pour la première fois en quatre mois, je commence à voir tout le positif de cet imprévu. Peut-être justement à cause de la Tasmanie qui nous aura tellement marqué. Peut-être que sans tous ces questionnements nous n’aurions jamais envisagé de rester deux mois ici, ni même de partir en été. Peut-être que comme pas mal de gens nous serions arrivés avec notre guide sous le bras et une liste de choses incontournables à voir en deux semaines maximum, pour finalement repartir frustrés et déçus de ne pas avoir vu assez…

La Tasmanie, c’est presque deux mois de grande aventure et de belles images. Et l’envie de voir encore plus loin et beaucoup plus encore en Australie!

L’auto-stop, petites pensées sur les routes…

Après deux semaines de stop (et un peu de train quand même) il y a deux ans entre Bruxelles et Cracovie avec mon frère, j’ai pris le gout de l’auto-stop. Je ne fais pas partie des gens qui en font régulièrement ni beaucoup, mais j’aime ça. J’aime surtout l’idée de tester son efficacité d’un pays à un autre et de rencontrer des gens de cette façon là.
France-Belgique-Allemagne-Pologne-Québec-Uruguay-Tasmanie. Ce n’est pas énorme mais j’espère avoir l’opportunité de continuer et d’allonger la liste.

Toute seule ou à deux?

Je me rends compte que faire du stop m’aura donné un peu plus de confiance en moi en voyage, mais aussi et surtout l’envie de faire confiance. J’ai fini par partir du principe “qu’il y a toujours quelqu’un qui finira par s’arrêter ou à qui demander de l’aide”. Ca peut paraitre naif, mais je considère que parfois on a pas le choix de penser comme ça.
J’avais essayé de transmettre cette idée à un compagnon de route avec qui je suis partie un bout en Gaspésie l’an dernier, mais qui a quand même eu du mal à se faire à cette idée. “c’est quand même galère ici” m’aura t-il répété plusieurs fois.
Je ne sais pas ce qu’est une galère en stop. Je ne sais pas si le fait d’attendre une heure sous un ciel plutôt clément -ou même deux heures- soit une énorme galère. Je considère que le stress comme l’attente font partie du “jeu”.
Une vraie galère serait de se retrouver complètement perdu, sans carte, à devoir marcher 15 kilomètres de nuit, comme j’ai pu le lire dans le témoignage d’un auto-stoppeur sur les routes d’Argentine. Un vrai gros problème serait pour moi de me retrouver perdue mais surtout sans personne vers qui me tourner. Ce qui n’est pas arrivé pour l’instant. Et ce qui je l’espère n’arrivera jamais.
Sébastien est toujours beaucoup plus serein et positif que moi, et je pense qu’à tous les deux on arrive à une assez bonne moyenne pour tenir sur la route!

Tasmanie…ou Australie?

Pour l’instant je n’irais pas clamer sur tous les toits que faire du stop en Australie soit facile.
Je ne me considère pas comme une grande prêtresse de l’auto-stop, et j’avoue avoir du mal avec les gens qui répandant leur opinions toutes faites sur le stop dans un pays après un seul et unique trajet d’une journée.
En premier lieu, je pense qu’il y a la Tasmanie… et l’Australie. On verra dans quelques semaines/mois pour un bilan sur le lever de pouce sur le continent. Nous n’en sommes pas là.

Mais pour en revenir à la Tasmanie, on sait maintenant qu’il y a une véritable prise de conscience collective concernant la difficulté à se déplacer ici. Ce qui pousse vraiment les gens à s’arrêter.
Il n’est pas vraiment possible de voyager sur l’île à moins d’avoir pu louer une voiture (ce qu’on ne pouvait pas faire sur plus d’une semaine) ou prendre le bus (qui est horriblement cher). Pas moyen non plus de faire confiance au covoiturage, peu répandu ici. Puis de toute façon le stop on aime ça!
C’est ainsi que mes habituelles petites statistiques “pouceuses” concernant les conducteurs qui s’arrêtent, composées essentiellement de jeunes ou de routiers, en ont pris un coup. En plusieurs traversées on a eu droit à la famille nombreuse, au couple de retraités, à la mère célibataire sans enfants, à la mère célibataire avec ses deux petits, aux jeunes, aux moins jeunes, à la belle voiture plutôt luxe comme à la voiture de seconde main toute poussièreuse… Tout le monde s’arrête, sourit et nous ouvre gentiment la portière. C’est un vrai plaisir, même s’il y a eu des moments plus compliqués où nous avons du changer notre itinéraire à la dernière minute.

Carton ou pas carton?

Toujours ce même problème bien connu. Avec un carton indiquant direct la destination finale les gens peuvent penser en le lisant “bof je ne fais que 10 kilomètres, autant le laisser trouver quelqu’un qui ira directement jusque là”. Sauf que si chaque conducteur qui pense comme ça s’arrêtait, les 10 kilomètres se multiplieraient vite et la destination en question serait vite atteinte. CQFD. Les petits ruisseaux font les grandes rivières comme on dit…
Alors on fait quoi? Je pense après maintes discussions et échanges avec des habitués, que là encore tout dépend de la destination et de si la route en question est très empruntée ou pas. Le carton que Sébastien portait en apparence sur le haut du sac lorsque nous étions en centre ville d’Hobart a poussé un conducteur (qui sera par la suite notre premier secours pour quitter la ville) à nous proposer de nous embarquer (alors que nous ne levions pas encore le pouce et que nous étions simplement en train de marcher vers la sortie la plus proche). Lorsque nous avons quitté Maria Island il y a quelques semaines de ça, nous avons eu l’idée de gribouiller un panneau “Hobart” dans le bateau, laissé en apparence au cas où les gens tomberaient dessus. Coup de génie là encore puisque deux jeunes d’une auberge de jeunesse ont aperçu le carton et sont venus directement nous voir. Oui, bon, on aurait aussi pu aller voir chaque personne du bateau pour demander, mais rien de très pratique pendant une traversée.  :-)

Pour l’instant nous sommes donc très satisfaits de ces premiers lifts, et il est sur que nous allons renouveler l’expérience tôt ou tard. Sur de plus grosses distances évidemment!

La “relocation”…
…qui n’est pas le fait de “relouer”, mais de “relocaliser” (qu’il est bon d’avoir un frère qui remet vos pendules linguistiques à l’heure quand vous vous égarez!)
J’ai déjà expliqué le principe précédement. Le côté économique, le plaisir d’avoir un van quand vous ne pouvez pas vous en offrir un ou seulement en louer un, le court laps de temps…
Un petit retour aujourd’hui : je reste mitigée. Tout simplement à cause des échanges pas toujours agréables que nous avons avec les agences. Ou plutôt que Sébastien a, puisque le pro de la conduite et du van, pour le moment c’est lui.
Souvent ce même retard toujours injustifié sur la récupération du van à l’aller, accueil peu sympathique également sur le retour du véhicule. Vous ne payez pas trop, donc attendez-vous à une marque de respect à la hauteur de votre versement. Un peu le même ressenti que j’ai vis à vis des auberges de jeunesse, que j’expliquerai dans un autre post prochainement.
Je reste mitigée aussi à cause justement de ce manque de temps. Si le fait d’avoir un van nous apporte ce confort et cette liberté que nous aimons tant, la relocalisation nous en fait malheureusement perdre un peu en authenticité. Il faut aller vite et penser à notre fonction première : rendre le van à temps. Un tout petit peu plus de reconnaissance de la part des agences, ainsi qu’un poil de temps supplémentaire serait grandement apprécié.

Au final, si nous ne pouvons pas nous payer le van que nous voulions nous offrir pour visiter le pays pendant cette année de voyage, un combiné de ces deux méthodes de déplacement nous parait être un bon compromis.

Les coups de coeur “nature” de Tasmanie

Au cours de ces sept semaines en Tasmanie nous avons eu la chance de pouvoir explorer la plupart des différentes régions de l’île. Nous avons visité 9 parcs nationaux sur les 20, effectué 21 des 60 “short-walks” répertoriées, et grimpé trois sommets (un peu plus au compteur pour Sébastien). En tout près de 130 kilomètres à pied de rando à travers l’île. La Tasmanie est définitivement un endroit rêvé pour la randonnée. Les points de vue sont magnifiques et les grimpettes en elle-mêmes assez plaisantes. Les changements de climat fréquents en montagne (et particulièrement en Tasmanie) peuvent se révèler franchement désagréables, cependant nous avons eu le soleil avec nous la plupart du temps, ou tout du moins des températures plus que correctes!
Quelques photos des balades et parcs nationaux qui m’ont particulièrement plu. Avec une mention spéciale pour Maria Island où la découverte des “painted cliffs” restera un de mes plus beaux souvenirs.

Bruny Island

Côte Est

Cradle Mountains National Park

Hartz National Park

Maria Island

Mount Field National Park

Franklin Gordon Wild Rivers National Park

Un premier bilan Helpx

Nous étions repartis de notre expérience helpx de Mornington avec un sentiment mitigé. Heureux dans l’ensemble de la semaine, déçus de notre départ forcé et du comportement de Catherine et Bob a notre égard.
Puis le temps faisant (bien) son oeuvre, nous avons fini par (re)garder uniquement le côté positif de cette mission là : La nouriture exquise, la maison superbe, le jardin exceptionnel et le sentiment de plénitude que nous avions en nous y promenant. Restait simplement une petite méfiance vis à vis d’Helpx.
Mais nous avons très vite réalisé que ce n’est pas une fin de mission difficile qui doit nous faire renoncer à ce mode de voyage et d’hébergement enrichissant.

L’arrivée en Tasmanie et notre expérience chez Sarah

Comme pour couchsurfing, il est difficile de parler de comportement négatif alors que ce sont simplement nos propres valeurs qui se retrouvent confrontées à une situation incomfortable. Nous n’avons pas été mis en danger, nous n’avons rencontré aucun manque de respect vis à vis de nous, que ce soit dans le travail ou le quotidien.
Sébastien comme moi considérons simplement que Sarah n’est pas vraiment une hôte idéale. Elle est gentille et pleine de bonne volonté, mais son mode de vie et d’accueil peut quelquefois laisser perplexe. Ou mal à l’aise. Ou les deux.

Après avoir passé quelques jours sur la côte et fait notre seconde relocalisation de van jusqu’à Hobart nous pensions retrouver Sarah chez elle dans le nord de l’île. Comme elle était elle aussi dans le sud pour quelques jours de vacances nous avons dès lors convenu de nous retrouver à Hobart après avoir laissé le van puis de faire la route ensemble, partageant ainsi les frais d’essence. Lorsqu’elle nous a demandé de payer l’essence à nous deux j’ai été choquée. Mon sentiment pourrait en déranger certains qui y verraient de la radinerie, mais dans le fond c’est le genre de réaction que je suis incapable de comprendre (connaissez-vous le prix de l’essence ici?). Parce qu’on est justement loin de l’idée de partage et d’équité. Notre idée était d’arranger tout le monde, et pas de payer toute l’essence simplement parce que le bus coute deux fois plus cher et que du coup on peut bien se permettre de sortir tous les sous. Ce genre de conclusion facile me dérange pas mal. Non ce n’est pas ce que nous avons entendu, mais c’est de toute évidence le genre de pensée qui a du naitre dans sa tête à ce moment là. Je ne suis pas très à l’aise mais je décide de laisser ce souci de côté et d’attendre les premiers jours de vie là bas pour émettre un premier jugement. Il y a déjà une autre personne avec nous dans la voiture. Une autre helper, une amie, nous ne savons pas trop. Nous pensions être juste tous les deux mais tant pis, l’expérience peut être sympa quand même. Quand nous arrivons nous découvrons qu’il y a encore une autre personne, mais qui s’en va le lendemain. Dommage ceci dit car nous nous sommes très bien entendus avec Kevin le peu de temps que nous avons passé ensemble.
En fait Sarah est aussi sur Couchsurfing et accueille régulièrement des voyageurs en plus des helpers. Elle aime les grandes tablées, la musique, parler politique et écologie, les discussions interminables et avoir sa maison remplie de rires et de monde de partout. Un bien joli et séduisant tableau, mais la dynamique retombe vite.
Parce que justement nous ne sommes pas venus en couchsurfers, mais pour vivre une expérience en ferme et pouvoir partager le rythme et mode de vie de notre hôte, en passant le maximum de temps à ses côtés. D’où la raison pour laquelle nous préférons toujours être tous les deux et être au plus près de la personne que l’on a envie de connaitre, plutôt que de vivre dans une maison transformée en colonie de vacances.
Les deux personnes qui arriveront le lendemain vont définitivement bousiller le tableau. Un français et une italienne en vacances pour quelques temps en Australie. On passe les repas dans un défilé de clichés et sempiternelles réflexions sur l’Australie qui nous donne envie de fuir. Nous n’avons rien en commun si ce n’est le plaisir des voyages, voyages que nous ne voyons pas de la même façon quoi qu’il en soit. Nous étions venus pour vivre un véritable échange culturel, au lieu de quoi nous nous retrouvons à parler de “ce que nous avons en France, ce que nous n’avons pas ici.” Typiquement le genre de rapport que nous ne voulons pas avoir avec les gens et la raison pour laquelle nous ne voulons pas faire de fruit-picking. (A t-on vraiment besoin d’améliorer notre français?!)
Je m’intéresse à la permaculture depuis mon expérience de wwoofing en Bolivie. J’étais heureuse d’en apprendre davantage et de travailler dans un univers similaire. Mais comme l’a déjà noté Sébastien dans son propre retour d’expérience, les éternelles litanies “tout est en train de mourir, la planète meurt, c’est triste” 5 à 10 fois par jour font vite perdre sourire et motivation.

Un autre problème que Sébastien, qui partira plus tôt que moi, n’aura pas le temps de connaître : la nourriture.
Il est difficile d’établir une “normalité” d’échange avec Helpex. En règle générale les gens demandent 4heures par jour, 5 jours par semaine, en échange du toit et de la nourriture (je dis toit car dans certains cas il arrive que la chambre soit partagée, que l’on dorme dans le salon, une petite caravane ou cabane à part…etc. Ce qui en soit n’est pas un problème). C’est le minimum. Certains offrent l’accès internet (quand il y a le wifi il va sans dire que c’est assez logique, mais ce n’est pas toujours le cas), prêt de vélos… Tout dépend des gens et de ce qu’ils ont envie d’offrir et de partager.
Quant à la nourriture, il peut s’agir tout simplement de partager les repas avec les hôtes, ou bien dans certains cas avoir un budget ou un frigo à disposition si les gens travaillent le soir par exemple.
Quand nous étions à Mornington, (et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle entendre l’avant-dernier jour que nous ne sommes que des invités à été dure à avaler) Catherine m’a expliqué qu’elle tenait à nous offrir ce qui nous faisait envie en terme de repas. Nous faisions les courses ensemble, et nous discutions de ce qu’on pouvait éventuellement acheter.
Je n’ai jamais considéré ça comme un dû, mais plutôt comme une marque d’attention et de gentillesse particulièrement appréciable. Je ne suis pas sure que tout le monde fasse ça. Je n’ai jamais pensé que se servir sans demander dans le frigo ou exiger quelque chose pour le petit-déjeuner fasse partie du “rituel de vie Helpx”. On s’adapte tout en essayant de s’entendre sur l’indispensable, voilà pour moi un bon accord.
A l’inverse, ne pas avoir assez à manger et devoir se limiter au maximum n’est pas quelque chose de normal pour moi. Surtout quand on travaille dehors. Dès le premier jour, l’amie de Sarah nous explique qu’il faut cuisiner avec le minimum et faire durer les choses le plus possible. On se sert dans le jardin au maximum, et on achète peu à l’extérieur. Pourquoi pas?
J’ai pris l’habitude d’acheter le maximum de ce dont j’ai besoin principalement sur les marchés, en cuisinant “frais” et santé, et en apprenant toujours plus de recettes. Je comprend le principe.
Mais il est clair qu’à cinq dans la maison on s’en sort difficilement et qu’il est tout autant difficile de le formuler.
Le sandwich léger du midi ne suffit à personne, et j’entends pas mal raler autour de moi. Je n’en pense pas moins mais ne me risquerait pas à le dire. Sujet un peu difficile à aborder. Je sais que l’argent ne rentre pas à flot, et qu’elle ne pense pas mal faire. Ceci dit accueillir toujours plus de monde ne cadre pas avec sa situation de vie.
Sébastien restera une semaine et moi deux. C’est sur, il y a eu des moments agréables, du positif à voir aussi là encore. Mais par dessus ça la conclusion que ce n’est pas le genre de mission que nous cherchons ni l’un ni l’autre.

Bruce et Lalita

31 janvier, 17h. Je suis en centre-ville d’Hobart, devant l’hopital où j’ai rendez-vous avec Lalita qui a proposé de passer me prendre après le travail.
C’est ma première mission helpx seule. Je tiens à vivre ça au moins une fois, d’une part parce que l’accueil et les échanges ne sont pas les mêmes, d’autre part parce que je veux tester et améliorer mon anglais. Puis deux semaines à vivre différement et un peu éloignés l’un de l’autre ne peuvent être qu’enrichissantes.
Je suis un peu anxieuse mais impatiente aussi. 17h05 elle est là. Elle me reconnait de suite de par la description que je lui ai donné dans le mail, descend de la voiture et me sert dans ses bras. Marque d’affection/de salut à laquelle je ne suis pas tout à fait habituée encore, mais c’est tout de même bien agréable et rassurant!
On roulera jusqu’à Blackmans Bay, petite ville de bord de mer à une demi-heure d’Hobart. Je fais de suite la connaissance de Bruce qui rentre toujours tôt du travail, ainsi que de la petite chienne Lily, incroyablement exubérante mais adorable!
Il me faudrait des pages et des pages pour exprimer toute la beauté de cette expérience, la chance que j’ai eu de vivre non seulement la plus belle de ces trois missions helpx mais aussi des échanges extrêmement enrichissants et marquants.
Mon travail n’aura pas été des plus difficiles, un peu de jardinage, nettoyage de la maison, promenade du chien, cuisine…J’ai eu un plaisir immense à m’occuper de cette maison à l’image de ces propriétaires : chaleureuse et invitante.

A priori pas de mission helpx dans les prochaines semaines puisque l’urgence est de trouver du travail et se poser quelques mois.
Mais j’espère vraiment pouvoir vivre une autre expérience encore en Australie avant d’aller découvrir les helpers de Nouvelle-Zélande. Peut-être dans une grande famille en ferme, pour changer un peu de la permaculture, des maisons et Bed and Breakfast. L’avenir nous le dira! :-)